Médiation de collections minières en ligne : une analyse qualitative de pratiques d’amateurs-témoins Juliette Le Marquer, Les enjeux (avril, 2026).

Auteure

Juliette Le Marquer, postdoctorante à l’Université Claude Bernard Lyon et rattachée au laboratoire ELICO.  Elle est membre de InterGestes. juliette.le-marquer@univ-lyon1.fr

Résumé (par l’auteure)

Cet article propose d’analyser des pratiques de médiation de collections d’objets miniers, partagées en ligne via Facebook. Après un rapide état de l’art sur la place du web comme médium dans les processus de patrimonialisation, l’article revient sur les formes d’engagement d’amateurs dans le partage de la mémoire en ligne. S’appuyant sur une enquête qualitative, l’étude porte à la fois sur la constitution de collections en tant que support de la mémoire minière ; sur le choix de Facebook comme support des collections ; et sur la construction de sens engendrée par les interactions sur ce dispositif d’entre-soi. Les principaux résultats mettent en évidence l’usage de Facebook qui contribue à partager une mémoire à portée limitée, ancrée dans des projets individuels et collectifs et favorisant des formes de reconnaissance locales en tant que témoin indirect de ce passé.

Extrait 

Parmi les enquêtés, nous distinguons deux statuts, celui de témoin direct ou de témoin indirect. Le témoin direct – à l’image de l’ancien mineur — est « celui qui a eu l’évidence phénoménologique, en chair et en os, de ce qui s’est passé » (Bachimont, 2020, p. 82). Les témoins indirects n’ont, quant à eux, pas participé à ces événements mais proposent une interprétation du passé à partir de leur propre vécu. Ils deviennent alors « quasi témoins » (Gellereau, 2010, p. 20), s’identifiant eux-mêmes dans l’expérience de ceux qu’ils décrivent et préservant leur mémoire. Cette idée est notamment amorcée par Renaud Dulong (1998) pour qui les témoins indirects représentent les récipiendaires des récits des témoins directs. Selon lui, « une expérience seconde de l’événement est en mesure de générer d’autres témoins. Ceux-ci ne seraient pas de « second degré », ils n’auraient pas pour fonction de véhiculer l’information, mais ils auraient à témoigner de l’expérience qui les a initiés à l’événement » (Dulong, 1998, p. 207). Les témoins indirects construisent alors leurs récits à partir d’un regard nouveau, s’appuyant sur des preuves du passé afin de perpétuer un lien entre l’événement et le présent. Ils sont des référents, capables d’interpréter « dans chaque objet les traces d’une pratique humaine » (Gellereau, 2015, p. 85). Dans cet article, c’est plus précisément l’activité des descendants et médiateurs qui nous intéresse ».

Lien

Le Marquer Juliette, « Médiation de collections minières en ligne : une analyse qualitative de pratiques d’amateurs-témoins »

 

 

Les Webinaires 2025-2026 d’InterGestes

 InterGestes. Groupe de Recherche International.

UMR 6266 CNRS-Normandie Université Le Havre

Les webinaires d’InterGestes sont des dialogues scientifiques entre les membres du groupe de recherche et un chercheur invité. L’objectif est de favoriser des réflexions interdisciplinaires autour de la question de : La geste et le geste numériques.

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Webinaires/Dialogues scientifiques 2025-2026

Sixième séance

Jeudi 11 juin, à 17h

Phénoménologie des archives numériques : gestes d’archivage et de remédiation des archives de la littérature numérique

Par Servanne Monjour

Servanne Monjour est maîtresse de conférences au Département de littérature française et comparée de Sorbonne-Université. Ses travaux portent sur les problématiques esthétiques et éditoriales des écritures numériques, ainsi que sur l’imaginaire des médias numériques. Elle a notamment publié l’ouvrage Mythologies postphotographiques, l’invention littéraire de l’image numérique (PUM, 2018) et codirigée l’ouvrage L’acte d’image en littérature avec Anne Reversau, paru en 2025. Elle est présentement en résidence de recherche au DataLab de BNF, afin de réaliser des travaux sur la remédiation des archives du Web littéraire.

Pour participer, il suffit de cliquer sur ce lien :

https://meet.jit.si/Monjour2026InterGestes

Présentation

Cette séance fera l’objet d’une double interrogation :
  • Quelles sont les différentes stratégies déployées pour conserver l’expérience littéraire des contenus nativement numériques, dans un contexte d’obsolescence des formats et des plateformes ?
  • Quel goût ont les archives numériques du web littéraire, et comment parviennent-elles à transmettre une histoire des avant-gardes littéraires du tournant du XXIe siècle ?
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Webinaires/Dialogues scientifiques 2025-2026

Cinquième séance

Le Jeudi 26 mars, à 16h45

Source : https://www.anthonyrageul.net/

Quel(le)s gestes à l’ère de la bande dessinée de plateforme ?

Gestique de l’objet / Geste artistique

  par Anthony Rageul

Anthony Rageul est maître de Conférences en Arts Plastiques, chercheur-artiste au CRIMEL (Université de Reims Champagne-Ardenne) et enseignant en Métiers du Multimédia et de l’Internet (IUT de Troyes). Il est également chercheur-artiste associé au LARA-SEPPIA (Université Toulouse Jean Jaurès). Auteur de bande dessinée papier et numérique, actif en ligne et dans le fanzinat, il en a fait son objet d’étude, y consacrant sa thèse soutenue en 2014. Il poursuit désormais ce travail en l’articulant autour de la notion de « récit-interface » et s’intéresse à la question du style dans les arts numériques. Discutant : Christophe Pique Pour participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous : https://meet.jit.si/AVRIL2026

Présentation de la conférence (par le conférencier) :

« Cette séance du webinaire sera l’occasion d’articuler deux axes de mes recherches : d’un côté la tentative de saisir la bande dessinée numérique en termes stylistiques et, de l’autre, la question de la « recherche-création » à l’ère des plateformes. Dans un premier temps, on s’interrogera sur la gestuelle et la gestique de la bande dessinée numérique « plateformisée », ou ce qu’il en reste.À l’ère de la plateformisation générale des contenus, la bande dessinée en ligne, qu’elle soit nativement destinée au support numérique ou non, n’échappe pas au phénomène. Dans la seconde moitié des années 2010, la bande dessinée en ligne s’est déplacée massivement des blogs vers les réseaux sociaux. Depuis le tournant des années 2020, elle coexiste avec le webtoon, devenu par son hégémonie le format standard de la bande dessinée numérique, au point qu’aujourd’hui on l’y réduit souvent. Dans un cas comme dans l’autre, la pratique de la bande dessinée est largement subordonnée aux stratégies socioéconomiques, aux pratiques socioculturelles et aux dispositifs sémiotechniques des plateformes qui l’accueillent, la rendent captive et auxquelles elle n’a d’autre choix que s’adapter. Soumises à des contraintes architextuelles fortes, le phénomène d’inapparence de ses interfaces graphiques se renforce et s’accompagne d’une réduction et d’un déplacement de la gestique. Dans un second temps, c’est sur la nature et la pertinence du/de la geste artistique aujourd’hui que je me pencherai. Je reviendrai sur ma démarche d’artiste-chercheur contrarié par la tournure des événements. En effet, je connais depuis déjà dix ans un blocage que je ne parviens pas encore à dépasser en raison même du changement de régime esthétique lié à la plateformisation de la bande dessinée numérique. Ma pratique critique de l’outil numérique s’était jusque-là employée à détricoter les conventions et contraintes architextuelles en mettant l’interface graphique et les gestes qui l’accompagnent au centre de mes propositions artistiques. Ce geste-là ne fait plus sens et ne peut plus produire de « hauts faits » dans le contexte de la plateformisation. C’est donc un protagoniste désabusé, dépassé aussi, qui se présentera de façon impudique. Face à ses opposants “plateformiques”, son objectif avoué est de trouver dans l’auditoire du webinaire des adjuvants à même de se porter à son secours à travers leurs échanges et leurs réflexions ! » Anthony Rageul

Références

 Vincent Bullich, « Plateforme, plateformiser, plateformisation : le périldes mots qui occultent ce qu’ils nomment », Gestion, Questions de communication 40, no 2 (2021): 47-70, https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.27413.

Anthony Rageul, « Vers une disparition des interfaces graphiques ? La bande dessinée numérique au prisme du webdesign », Comicalités. Études de culture graphique, publication en ligne anticipée, 15 mai 2023, https://doi.org/10.4000/comicalites.8176.

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Quatrième séance

Le Jeudi 30 avril, à 17h00

Gestes, mémoire et médiation : de l’artisanat de la poterie à Etar

à l’appréhension numérique du geste

       Par Fanny Georges

Fanny Georges, maîtresse de conférences HDR en Sciences de l’Information et de la Communication, Université Sorbonne Nouvelle (laboratoire IRMECCEN) est présidente du Comité d’Éthique de la Recherche de l’USN (CER-USN)

Discutante : Daiana Dula, co-coordonatrice de l’axe 1

Pour participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

https://meet.jit.si/FannyGeorgesInterGestes2026

Présentation

Fanny Georges poursuit une réflexion engagée autour du processus créatif et de la relation à la manipulation des objets dans l’expérience existentielle : ce que fabriquer (la terre, la matière) fait à qui fabrique, et comment ces expériences se situent en regard des pratiques et gestes socionumériques.  L’intervention s’appuiera sur un corpus mixte : des comptes Instagram de céramistes contemporains (pratiques amateurs et semi-professionnelles, mises en scène du faire, narrations du processus) et des données issues d’un terrain ethnographique au musée ETAR, où la relation aux objets, leur matérialité, leur fabrication, leur circulation, est au cœur des pratiques visitées. Ce croisement permet d’interroger comment le numérique et le présentiel articulent deux régimes d’expérience du geste créateur.

Bibliographie

1. (2025) Yanita ANDONOVA; Johan Boittiaux; Anne-Monjaret; Fanny Georges; Krassimira Krastanova (2025) Да преживееш екологията в музея Етър : теренно проучване/« Experiencing Ecology At The Etar Museum: Field Research », in Museums And Intangible Cultural Heritage 2025-12. 2. (2025) Fanny Georges. L’expérience subjectivée du temps dans la méditation zen sôtô.Hermès, La Revue, 96(2), 206-212. 3. (2025) La construction sociale des mythes sociotechnologiques. L’immortalité numérique. Communication & civilisation, L’Harmattan : Paris, 2025. 356 pages. 4. (2025) « Exploring the sociodigital construction of meaning. A Sociosemiotic Perspective on Sociodigital culture as trivial mythification of existence ». Lexia, 58 : Semioverse. 83-97. 5. (2025) « Comment penser l’harmonie du chaos ? La sémiosphère lotmanienne à l’épreuve de la culture numérique », in La sémiotique et ses horizons, Amir Biglari (dir.). Du sens. L’Harmattan. p. 427-440. 658 p.   _____________________________________________________________________________

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Troisième séance 

Le Jeudi 5 février 2026, à 17h00

Zapper, Surfer, Scroller : gestes de l’appropriation numérique

Par Laurent Tessier

Professeur de sociologie à la faculté d’éducation et de formation de l’ICP, il coordonne l’équipe « médias, images, technologies » du laboratoire RCS (EA7403) ainsi que le projet européen OASIS (Open Audiovisual Science Innovation Scheme). Ses recherches portent sur les usages et les pratiques numériques dans l’enseignement et la recherche. Il a notamment publié Éduquer au numérique ? Un changement de paradigme (2019) et plus récemment Scroller (2025), tous deux aux éditions MkF.

Discutant : Peppe Cavallari, co-coordinateur de l’axe 2

Pour participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

https://meet.jit.si/TessierIntergestes2026

Résumé

Le verbe scroller désigne le geste de faire défiler un contenu sur un écran informatique. Longtemps utilisé de manière assez neutre, il a pris avec l’essor des réseaux sociaux numériques une connotation très négative, devenant même le synonyme des dérives comportementales associées à leurs usages (fragmentation des capacités d’attention, perte de temps, passivité, dissociation morbide). Pourtant, le geste de scroller peut aussi être envisagé comme un mode d’appropriation actif, voire d’éditorialisation des flux de contenus toujours plus massifs auxquels sont confrontés les usagers des réseaux sociaux et du web en général. Lors de ce dialogue scientifique, on mettra en regard ce geste avec deux autres gestes emblématiques de leur époque et d’une forme de rapports aux flux de contenus numériques : « zapper » et « surfer ». On proposera à partir de cette comparaison des pistes de recherche ayant pour ambition de dépasser les formes profanes et savantes de stigmatisation dont ces gestes font l’objet.  …………………………………………………………………………………………………………………………..

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Deuxième séance 

Le Jeudi 22 janvier 2026, à 17h00

L’autocare comme geste transhumaniste :

le prisme des agents conversationnels

Par Maude Bonenfant

Professeure titulaire au Département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et docteure en études sémiotiques. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en jeu, technologies et société,Codirectrice du Laboratoire de recherche en médias socionumériques et ludification Directrice du groupe de recherche Homo Ludens sur le jeu et la communication.

Discutante : Daiana Dula, co-coordonatrice de l’axe 1

Pour participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

https://meet.jit.si/Intergestes2026Bonenfant

Pour consulter la feuille de route, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

Plan de l’intervention de Maude Bonenfant InterGestes (22.1.2026)

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Webinaires/Dialogues scientifiques 2025-2026

Séance inaugurale : 

Le  6 novembre 2025, à 17h00

  Quand le geste se numérise :

dispositifs, projections et dynamiques de pratique 

Par Hafida Boulekbache-Mazouz, 

Architecte urbaniste. Professeure des universités en SIC. Directrice du Département DeVisu (Design Visuel et Urbain). Laboratoire LARSH (Laboratoire de Recherche Sociétés et Humanités).        Université Polytechnique Hauts-de-France .

 
Le geste architectural

Le geste architectural fonde l’architecture en tant que langage de la trace et de la mémoire, où le dessin devient discours et la matière, pensée“. Hafida Boulekbache-Mazouz, InterGestes,  Conférence inaugurale, 6/11/2025

Résumé
Le geste architectural constitue l’acte fondateur de toute production architecturale : il est à la fois principe de genèse et opérateur de sens. Au-delà du mouvement manuel, ce geste relève d’une médiation cognitive et sémiotique qui articule l’intention conceptuelle, la matérialité du support et la projection d’un espace habité. Dans cette perspective, la trace
architecturale apparaît comme l’empreinte du geste, c’est-à-dire le signe visible d’une pensée en acte, une écriture première qui inscrit l’idée dans la matière (Derrida, 1986 ; Jeanneret, 2011). Ce geste, qui relie le dessin projectif au dessein informatif (Boulekache-Mazouz, 2019), exprime la tension entre exploration et formalisation, entre intuition et rationalité. Le dessin n’est plus seulement un outil de représentation mais un processus dialogique où la main et l’esprit co-construisent la forme (Lebahar, 1983). Il s’agit d’un acte de pensée performatif où le signe graphique devient véhicule de sens, reliant le concepteur à son œuvre et, plus largement, à la culture architecturale dont il hérite (Boudon, 2003 ; Morin &amp ; Le Moigne, 2008).
En s’inscrivant dans une geste architecturale — entendue comme une totalité dynamique de gestes individuels, culturels et temporels —, l’architecture devient un système de traces signifiantes, où chaque œuvre porte la mémoire de son processus de création (Galinon-Mélénec, 2011). Cette geste, à la fois poïétique et communicationnelle, engage une réflexion sur la trace comme artefact sémiotique : elle relie le visible et l’invisible, le matériel et le symbolique, l’instant et la durée.
Ainsi, le geste architectural, en tant que mouvement producteur de sens et d’espace, fonde l’architecture comme langage du monde — un langage de la trace et de la mémoire, où le dessin devient discours et la matière, pensée.

Quelques ouvrages édités ou co-édités par Hafida Boulekbache-Mazouz :

 
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RENCONTRES SUIVANTES
Le 25 juin 2026, à 17h00 avec Magali Bigey, ELLIAD, Université de Franche-Comté

Geste numérique et geste littéraire : BookTok,

Dark Romance et nouvelles formes de réception 

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Ces webinaires seront diffusés en ligne et ouverts à toutes et à tous. 

 

La vie du geste technique. Approche pluridisciplinaire, Martine Mille et Joëlle Petit, e-Phaïstos, 2014, pp. 43-58.

Auteurs

Joelle Petit. Docteur en histoire des techniques Laboratoire http-HT2S – (Histoire. Technique. Technologie. Patrimoine. Histoire des Technosciences en Société) EA 3716 – ED 546 – Conservatoire national des arts et métiers.

Martine Mille. Chercheur, SAPRAT (Savoirs et Pratiques du Moyen Âge au XIXe siècle) EA 4116 – École Pratique des Hautes Études

Résumé

Cet article propose de comprendre le geste technique par une lecture croisée des matériaux et des objets d’une histoire des techniques matérielle, sociale, culturelle, et intellectuelle des métiers et de leur transmission. Les auteurs cherchent à en saisir les modalités : “l’intelligence de la main en liaison avec la nécessaire adaptation de l’outil et du geste, les recettes, rites et routines dynamiques, la mécanisation aux XIXe-XXe siècles, où la digitalisation dans l’espace de l’atelier ou de l’usine, permettent de saisir la pédagogie, « l’induit » du geste inscrit dans la chaîne opératoire. Ainsi la transcription des savoir-faire et des savoir-être est comprise, de rituels en pratiques, inscrits dans une efficacité matérielle, directe ou indirecte de la technique”. L’étude de la vie du geste, de perte en renaissance, s’enrichit de la pluridisciplinarité. Elle permet de construire et de définir un objet historique. En appui : des sources manuscrites ou iconographiques, des témoignages ou des enquêtes in situ, valorisant les « gens de mains » perpétuant la mémoire de métiers. Enfin la tracéologie  mise en oeuvre décèle les traces d’outils révélatrices des gestes perdus, restitués et enfin retrouvés. (Extrait du résumé des auteurs)

Référence 

Martine Mille et Joëlle Petit, « La vie du geste technique. Approche pluridisciplinaire »e-Phaïstos [En ligne], III-1 | 2014. https://doi.org/10.4000/ephaistos.573

En open source  : http://URL : http://journals.openedition.org/ephaistos/573

Faire mémoire pour ‘faire’ l’histoire ? Le Geste de Verdun (thèse)

 

Véronique Mathieu

Auteure

Véronique Mathieu

Document

Présentation de la thèse de Doctorat en Langues, Littératures et Civilisations Germaniques, sous la direction de Gwénola Sébaux, soutenue le 14 décembre 2022 à l’université Catholique de l’Ouest pour l’université d’Angers. https://doi.org/10.4000/trajectoires.9779

Entrée en matière

“François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main, sur l’esplanade qui fait face à l’Ossuaire de Douaumont, le 22 septembre 1984. La cause semble être entendue : nous sommes là devant un geste historique, qui a fini par symboliser à lui seul le formidable processus d’abord de réconciliation, puis de partenariat privilégié qu’ont connu les deux pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le geste est devenu quasiment iconique, dirait-on aujourd’hui. Un tel consensus ne va pas cependant pas sans susciter certaines interrogations.

Ce geste n’était pas le premier geste franco-allemand, ni le dernier. Il s’inscrivait dans la série de gestes qui s’étaient succédé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous l’impulsion notamment de Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Alors comment est-il devenu, de manière quasiment exclusive, le symbole de la réconciliation franco-allemande, un lieu de mémoire, dans le sens où l’entend Pierre Nora ? Paradoxalement, le cliché des livres d’histoire semblait aussi avoir un peu vieilli. Avait-il encore quelque chose à dire dans un monde qui a considérablement changé en presque quarante ans ? Était-il susceptible de toucher aujourd’hui encore les jeunes générations, pour qui la réconciliation franco-allemande est devenue banale ? L’ambition de cette thèse est ainsi de contribuer à « dépoussiérer » le Geste de Verdun”.

Open source 

https://journals.openedition.org/trajectoires/9779

 

Les discours tissent avec les gestes les trames de la mémoire

 

 

Auteur

Joëlle Vellet est Maître de Conférences en danse à l’Université de Nice Sophia Antipolis, au Département des Arts, section Danse. Membre du Centre de Recherches en Epistémologie de la Littérature et des Arts Vivants (CTEL 6703),

Résumé

Cet article s’intéresse à la façon dont se fabrique la danse dans le studio, participant à une ethnographie du travail artistique. Il pointe l’importance de la construction de la mémoire tout autant que le recours à la mémoire dans l’élaboration du geste dansé pour l’interprète, en situation de création ou de reprise de rôle. Il met tout particulièrement en évidence le nécessaire tissage des gestes et des discours in situ, dans ce lieu intime de rencontre entre interprète et chorégraphe. Espace et temps où la mémoire des corps, tout autant que celles des processus et des imaginaires, fait devenir l’interprète, mémoire devenant tour à tour ressource ou obstacle à l’invention du geste.

Open source

Joëlle Vellet« Les discours tissent avec les gestes les trames de la mémoire »Recherches en danse [En ligne], 2 | 2014, mis en ligne le 01 janvier 2014, consulté le 25 janvier 2024URL : http://journals.openedition.org/danse/353 ; DOI : https://doi.org/10.4000/danse.353

« Le poids du passé : une étude parallèle sur le travail de mémoire en Allemagne et en Espagne », Dana Martin et Olivia Salmon-Monviola (2014)

Auteurs

Dana Martin, Maître de conférences, Laboratoire Communication et Solidarité (EA 4647), Clermont Université, Université Blaise Pascal, UFR Langues Appliquées, Commerce et Communication, BP 10448, 63000 Clermont-Ferrand

Olivia Salmon-Monviola, Maître de conférences, Laboratoire Communication et Solidarité (EA 4647), Clermont Université, Université Blaise Pascal, UFR Langues Appliquées, Commerce et Communication, BP 10448, 63000 Clermont-Ferrand

Présentation

Pour examiner les questions posées par le poids du passé et le travail de mémoire en Allemagne et en Espagne, les auteurs

  • s’interrogent sur le traitement institutionnel d’un héritage sensible, à savoir les archives produites sous les régimes déchus ainsi que sur la place qui est accordée aux personnes (droit à l’oubli vs. droit de savoir) et aux données (conservation, accès, transmission vs. protection, limites, destruction) ;

  • observent l’évolution des symboles, afin de comprendre comment les traces du passé s’effacent de l’espace public pour laisser place à une nouvelle réalité en marche ;

  • s’intéressent à la question de la justice transitionnelle, c’est-à-dire aux dispositifs mis en place pour gérer le passage de la dictature (État de non-droit) à la démocratie (État de droit).

Mots clefs :

Effacement des traces Traitement des traces écrites. Exhumation des traces. Destruction des traces matérielles. Traces de trauma. Traces politiques. Droit de savoir. Traces symboliques. Archives. Preuves.

Paru dans :

« Le Temps guérit toutes les blessures : La Résistance à l’autorité de l’Histoire dans les concepts de nation et de nationalisme », Textes et contextes/9, 2014

Référence :

DanaMartinet Olivia Salmon-Monviola, « Le poids du passé : une étude parallèle sur le travail de mémoire en Allemagne et en Espagne », Textes et contextes [En ligne], 9 | 2014, mis en ligne le 05 décembre 2017, consulté le 02 avril 2022. 

L’article est disponible en open source :

https://preo.u-bourgogne.fr/textesetcontextes/index.php?id=1133#bibliography

Documentalité des collectes de mémoires

Identification d’un genre narratif, mémoriel, numérique et anthologique

(Soutenance d’HDR, Claire SCOPSI, CNAM, le 12/01/2021)

 

 

La séance est publique, pour y assister veuillez  le signaler à : claire.scopsi@lecnam.net,

un lien de connexion vous sera envoyé individuellement.

Présentation avant soutenance

Dans une première partie, Claire.SCOPSI  revient « aux sources de la phénoménologie de la mémoire et de l’oubli (1.1 et 1.2) et distingue la trace numérique de l’inscription numérique de la mémoire humaine (1.3) ». Puis elle pose « la base d’une approche documentaire de la mémoire, en retraçant, sous forme de processus, les étapes qui mènent de l’empreinte mnésique à son inscription sur des supports externes (1.4). La partie 1.5 est consacrée au traitement de ces formes inscrites, et propose une gradation allant des formes les plus froides, c’est-à-dire les moins transformatrices, aux formes chaudes, les plus créatives ». Elle « considère la patrimonialisation (1.6) comme une des formes les plus chaudes, et socialement les plus engageantes, d’éditorialisation des mémoires ». Elle conclut cette première partie en proposant de considérer les mémoires en ligne, comme une transaction coopérative (1.7), se manifestant par des documents et sous-tendues par trois dynamiques : la médialité (le medium), l’indicialité (l’indice) et la vérité (la source).

La deuxième partie est « consacrée à la présentation d’exemples de collectes de mémoires. Après avoir posé la question de l’identification sur le web de ces formes originales, qui ne sont pas répertoriées (2.1), (elle) reprend le trinôme pour catégoriser les collectes de mémoires, et en retracer les origines et les acteurs. Les mémoires-sources, caractérisées par la recherche de l’authenticité et de la véracité, comportent les corpus scientifiques et les archives orales (2.2). Les mémoires-medium privilégient la perlocution et l’émotion ; elles comprennent les mémoires nationales, la médiation patrimoniale et les mémoires de communautés (2.3). Les mémoires-indices, centrées autour de la production ou l’exploitation de traces, sont représentées par la micro-histoire, et les procédés contemporains d’enregistrement de témoignages ou de traces pour le futur (2.4). (Elle) conclut cette partie en proposant de considérer les collectes de mémoire comme un genre narratif dont la textualité repose sur les procédés d’éditorialisation offertes par le numérique (2.5).

La troisième partie esquisse une narratologie de ce nouveau genre médiatique. L’approche est sous tendue par la question de la réalisation d’un modèle ontologique permettant de décrire la structure d’une collecte de mémoire à des fins de conservation (3.1). La question de la structure anthologique des collectes de mémoires (3.2), (la) conduit à définir une unité sémio-psychique, le memorem, afin de rendre compte des relations existant entre les documents et grains mémoriels (3.3). Puis (elle s’) attache à définir les éléments permettant de définir les caractères de medium (capacité à produire une réaction), d’indice (capacité à isoler et désigner un élément du passé) et de source (capacité à susciter la confiance) d’une collecte de mémoires (3.4).

Le texte complet du mémoire sera mis en ligne sur HAL après la soutenance.

Herman Parret, “Une sémiotique des traces. Trois leçons sur la mémoire et l’oubli”

Herman Parret, Une sémiotique des traces. Trois leçons sur la mémoire et l’oubli, Le Discours philosophiqueLambert Lucas, octobre 2017, 74 pages,  
ISBN/EAN : 978-2-35935-228-3

 

 

 

 

Présentation (4e de couv. éditeur):

La mémoire est une notion-carrefour : on parle non seulement de mémoire individuelle et de mémoire collective mais également de mémoire génétique, de mémoire historique, de mémoire archivale, de mémoire picturale, et même de mémoire informatique. Plusieurs disciplines peuvent être invoquées en vue de déterminer sa nature et ses fonctions : la psychologie surtout et la sociologie, mais également la psychanalyse, la déconstruction philosophique, voire la sémiotique. Cette Sémiotique des traces rassemble trois leçons : la première, plutôt philosophique, situe et évalue les pensées paradigmatiques de la mémoire (Aristote, Augustin, Husserl, Bergson) ; la seconde propose des pistes de sémiotisation à partir de la « mémoire archivale » de Foucault et de la « mémoire figurale » de Lyotard ; la troisième se présente comme une pragmatique de l’exercice de la mémoire et de l’oubli. Peu de philosophèmes sont accompagnés d’autant de mystères et d’obscurités. Ce petit livre invite à approfondir un sujet souvent qualifié d’insaisissable.

Herman Parret est professeur émérite de philosophie du langage et d’esthétique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a enseigné dans plusieurs universités étrangères, en France et en Italie, dans les pays latino-américains et aux États-Unis. Ses publications portent sur la pragmatique linguistique et philosophique, la sémiotique textuelle et visuelle, l’épistémologie de la linguistique et de la sémiotique, l’esthétique philosophique et la théorie.