Les Webinaires 2025-2026 d’InterGestes

 InterGestes. Groupe de Recherche International.

UMR 6266 CNRS-Normandie Université Le Havre

Les webinaires d’InterGestes sont des dialogues scientifiques entre les membres du groupe de recherche et un chercheur invité. L’objectif est de favoriser des réflexions interdisciplinaires autour de la question de : La geste et le geste numériques.

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Webinaires/Dialogues scientifiques 2025-2026

Sixième séance

Jeudi 11 juin, à 17h

Phénoménologie des archives numériques : gestes d’archivage et de remédiation des archives de la littérature numérique

Par Servanne Monjour

Servanne Monjour est maîtresse de conférences au Département de littérature française et comparée de Sorbonne-Université. Ses travaux portent sur les problématiques esthétiques et éditoriales des écritures numériques, ainsi que sur l’imaginaire des médias numériques. Elle a notamment publié l’ouvrage Mythologies postphotographiques, l’invention littéraire de l’image numérique (PUM, 2018) et codirigée l’ouvrage L’acte d’image en littérature avec Anne Reversau, paru en 2025. Elle est présentement en résidence de recherche au DataLab de BNF, afin de réaliser des travaux sur la remédiation des archives du Web littéraire.

Pour participer, il suffit de cliquer sur ce lien :

https://meet.jit.si/Monjour2026InterGestes

Présentation

Cette séance fera l’objet d’une double interrogation :
  • Quelles sont les différentes stratégies déployées pour conserver l’expérience littéraire des contenus nativement numériques, dans un contexte d’obsolescence des formats et des plateformes ?
  • Quel goût ont les archives numériques du web littéraire, et comment parviennent-elles à transmettre une histoire des avant-gardes littéraires du tournant du XXIe siècle ?
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Webinaires/Dialogues scientifiques 2025-2026

Cinquième séance

Le Jeudi 26 mars, à 16h45

Source : https://www.anthonyrageul.net/

Quel(le)s gestes à l’ère de la bande dessinée de plateforme ?

Gestique de l’objet / Geste artistique

  par Anthony Rageul

Anthony Rageul est maître de Conférences en Arts Plastiques, chercheur-artiste au CRIMEL (Université de Reims Champagne-Ardenne) et enseignant en Métiers du Multimédia et de l’Internet (IUT de Troyes). Il est également chercheur-artiste associé au LARA-SEPPIA (Université Toulouse Jean Jaurès). Auteur de bande dessinée papier et numérique, actif en ligne et dans le fanzinat, il en a fait son objet d’étude, y consacrant sa thèse soutenue en 2014. Il poursuit désormais ce travail en l’articulant autour de la notion de « récit-interface » et s’intéresse à la question du style dans les arts numériques. Discutant : Christophe Pique Pour participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous : https://meet.jit.si/AVRIL2026

Présentation de la conférence (par le conférencier) :

« Cette séance du webinaire sera l’occasion d’articuler deux axes de mes recherches : d’un côté la tentative de saisir la bande dessinée numérique en termes stylistiques et, de l’autre, la question de la « recherche-création » à l’ère des plateformes. Dans un premier temps, on s’interrogera sur la gestuelle et la gestique de la bande dessinée numérique « plateformisée », ou ce qu’il en reste.À l’ère de la plateformisation générale des contenus, la bande dessinée en ligne, qu’elle soit nativement destinée au support numérique ou non, n’échappe pas au phénomène. Dans la seconde moitié des années 2010, la bande dessinée en ligne s’est déplacée massivement des blogs vers les réseaux sociaux. Depuis le tournant des années 2020, elle coexiste avec le webtoon, devenu par son hégémonie le format standard de la bande dessinée numérique, au point qu’aujourd’hui on l’y réduit souvent. Dans un cas comme dans l’autre, la pratique de la bande dessinée est largement subordonnée aux stratégies socioéconomiques, aux pratiques socioculturelles et aux dispositifs sémiotechniques des plateformes qui l’accueillent, la rendent captive et auxquelles elle n’a d’autre choix que s’adapter. Soumises à des contraintes architextuelles fortes, le phénomène d’inapparence de ses interfaces graphiques se renforce et s’accompagne d’une réduction et d’un déplacement de la gestique. Dans un second temps, c’est sur la nature et la pertinence du/de la geste artistique aujourd’hui que je me pencherai. Je reviendrai sur ma démarche d’artiste-chercheur contrarié par la tournure des événements. En effet, je connais depuis déjà dix ans un blocage que je ne parviens pas encore à dépasser en raison même du changement de régime esthétique lié à la plateformisation de la bande dessinée numérique. Ma pratique critique de l’outil numérique s’était jusque-là employée à détricoter les conventions et contraintes architextuelles en mettant l’interface graphique et les gestes qui l’accompagnent au centre de mes propositions artistiques. Ce geste-là ne fait plus sens et ne peut plus produire de « hauts faits » dans le contexte de la plateformisation. C’est donc un protagoniste désabusé, dépassé aussi, qui se présentera de façon impudique. Face à ses opposants “plateformiques”, son objectif avoué est de trouver dans l’auditoire du webinaire des adjuvants à même de se porter à son secours à travers leurs échanges et leurs réflexions ! » Anthony Rageul

Références

 Vincent Bullich, « Plateforme, plateformiser, plateformisation : le périldes mots qui occultent ce qu’ils nomment », Gestion, Questions de communication 40, no 2 (2021): 47-70, https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.27413.

Anthony Rageul, « Vers une disparition des interfaces graphiques ? La bande dessinée numérique au prisme du webdesign », Comicalités. Études de culture graphique, publication en ligne anticipée, 15 mai 2023, https://doi.org/10.4000/comicalites.8176.

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Quatrième séance

Le Jeudi 30 avril, à 17h00

Gestes, mémoire et médiation : de l’artisanat de la poterie à Etar

à l’appréhension numérique du geste

       Par Fanny Georges

Fanny Georges, maîtresse de conférences HDR en Sciences de l’Information et de la Communication, Université Sorbonne Nouvelle (laboratoire IRMECCEN) est présidente du Comité d’Éthique de la Recherche de l’USN (CER-USN)

Discutante : Daiana Dula, co-coordonatrice de l’axe 1

Pour participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

https://meet.jit.si/FannyGeorgesInterGestes2026

Présentation

Fanny Georges poursuit une réflexion engagée autour du processus créatif et de la relation à la manipulation des objets dans l’expérience existentielle : ce que fabriquer (la terre, la matière) fait à qui fabrique, et comment ces expériences se situent en regard des pratiques et gestes socionumériques.  L’intervention s’appuiera sur un corpus mixte : des comptes Instagram de céramistes contemporains (pratiques amateurs et semi-professionnelles, mises en scène du faire, narrations du processus) et des données issues d’un terrain ethnographique au musée ETAR, où la relation aux objets, leur matérialité, leur fabrication, leur circulation, est au cœur des pratiques visitées. Ce croisement permet d’interroger comment le numérique et le présentiel articulent deux régimes d’expérience du geste créateur.

Bibliographie

1. (2025) Yanita ANDONOVA; Johan Boittiaux; Anne-Monjaret; Fanny Georges; Krassimira Krastanova (2025) Да преживееш екологията в музея Етър : теренно проучване/« Experiencing Ecology At The Etar Museum: Field Research », in Museums And Intangible Cultural Heritage 2025-12. 2. (2025) Fanny Georges. L’expérience subjectivée du temps dans la méditation zen sôtô.Hermès, La Revue, 96(2), 206-212. 3. (2025) La construction sociale des mythes sociotechnologiques. L’immortalité numérique. Communication & civilisation, L’Harmattan : Paris, 2025. 356 pages. 4. (2025) « Exploring the sociodigital construction of meaning. A Sociosemiotic Perspective on Sociodigital culture as trivial mythification of existence ». Lexia, 58 : Semioverse. 83-97. 5. (2025) « Comment penser l’harmonie du chaos ? La sémiosphère lotmanienne à l’épreuve de la culture numérique », in La sémiotique et ses horizons, Amir Biglari (dir.). Du sens. L’Harmattan. p. 427-440. 658 p.   _____________________________________________________________________________

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Troisième séance 

Le Jeudi 5 février 2026, à 17h00

Zapper, Surfer, Scroller : gestes de l’appropriation numérique

Par Laurent Tessier

Professeur de sociologie à la faculté d’éducation et de formation de l’ICP, il coordonne l’équipe « médias, images, technologies » du laboratoire RCS (EA7403) ainsi que le projet européen OASIS (Open Audiovisual Science Innovation Scheme). Ses recherches portent sur les usages et les pratiques numériques dans l’enseignement et la recherche. Il a notamment publié Éduquer au numérique ? Un changement de paradigme (2019) et plus récemment Scroller (2025), tous deux aux éditions MkF.

Discutant : Peppe Cavallari, co-coordinateur de l’axe 2

Pour participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

https://meet.jit.si/TessierIntergestes2026

Résumé

Le verbe scroller désigne le geste de faire défiler un contenu sur un écran informatique. Longtemps utilisé de manière assez neutre, il a pris avec l’essor des réseaux sociaux numériques une connotation très négative, devenant même le synonyme des dérives comportementales associées à leurs usages (fragmentation des capacités d’attention, perte de temps, passivité, dissociation morbide). Pourtant, le geste de scroller peut aussi être envisagé comme un mode d’appropriation actif, voire d’éditorialisation des flux de contenus toujours plus massifs auxquels sont confrontés les usagers des réseaux sociaux et du web en général. Lors de ce dialogue scientifique, on mettra en regard ce geste avec deux autres gestes emblématiques de leur époque et d’une forme de rapports aux flux de contenus numériques : « zapper » et « surfer ». On proposera à partir de cette comparaison des pistes de recherche ayant pour ambition de dépasser les formes profanes et savantes de stigmatisation dont ces gestes font l’objet.  …………………………………………………………………………………………………………………………..

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Deuxième séance 

Le Jeudi 22 janvier 2026, à 17h00

L’autocare comme geste transhumaniste :

le prisme des agents conversationnels

Par Maude Bonenfant

Professeure titulaire au Département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et docteure en études sémiotiques. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en jeu, technologies et société,Codirectrice du Laboratoire de recherche en médias socionumériques et ludification Directrice du groupe de recherche Homo Ludens sur le jeu et la communication.

Discutante : Daiana Dula, co-coordonatrice de l’axe 1

Pour participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

https://meet.jit.si/Intergestes2026Bonenfant

Pour consulter la feuille de route, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

Plan de l’intervention de Maude Bonenfant InterGestes (22.1.2026)

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Webinaires/Dialogues scientifiques 2025-2026

Séance inaugurale : 

Le  6 novembre 2025, à 17h00

  Quand le geste se numérise :

dispositifs, projections et dynamiques de pratique 

Par Hafida Boulekbache-Mazouz, 

Architecte urbaniste. Professeure des universités en SIC. Directrice du Département DeVisu (Design Visuel et Urbain). Laboratoire LARSH (Laboratoire de Recherche Sociétés et Humanités).        Université Polytechnique Hauts-de-France .

 
Le geste architectural

Le geste architectural fonde l’architecture en tant que langage de la trace et de la mémoire, où le dessin devient discours et la matière, pensée“. Hafida Boulekbache-Mazouz, InterGestes,  Conférence inaugurale, 6/11/2025

Résumé
Le geste architectural constitue l’acte fondateur de toute production architecturale : il est à la fois principe de genèse et opérateur de sens. Au-delà du mouvement manuel, ce geste relève d’une médiation cognitive et sémiotique qui articule l’intention conceptuelle, la matérialité du support et la projection d’un espace habité. Dans cette perspective, la trace
architecturale apparaît comme l’empreinte du geste, c’est-à-dire le signe visible d’une pensée en acte, une écriture première qui inscrit l’idée dans la matière (Derrida, 1986 ; Jeanneret, 2011). Ce geste, qui relie le dessin projectif au dessein informatif (Boulekache-Mazouz, 2019), exprime la tension entre exploration et formalisation, entre intuition et rationalité. Le dessin n’est plus seulement un outil de représentation mais un processus dialogique où la main et l’esprit co-construisent la forme (Lebahar, 1983). Il s’agit d’un acte de pensée performatif où le signe graphique devient véhicule de sens, reliant le concepteur à son œuvre et, plus largement, à la culture architecturale dont il hérite (Boudon, 2003 ; Morin &amp ; Le Moigne, 2008).
En s’inscrivant dans une geste architecturale — entendue comme une totalité dynamique de gestes individuels, culturels et temporels —, l’architecture devient un système de traces signifiantes, où chaque œuvre porte la mémoire de son processus de création (Galinon-Mélénec, 2011). Cette geste, à la fois poïétique et communicationnelle, engage une réflexion sur la trace comme artefact sémiotique : elle relie le visible et l’invisible, le matériel et le symbolique, l’instant et la durée.
Ainsi, le geste architectural, en tant que mouvement producteur de sens et d’espace, fonde l’architecture comme langage du monde — un langage de la trace et de la mémoire, où le dessin devient discours et la matière, pensée.

Quelques ouvrages édités ou co-édités par Hafida Boulekbache-Mazouz :

 
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RENCONTRES SUIVANTES
Le 25 juin 2026, à 17h00 avec Magali Bigey, ELLIAD, Université de Franche-Comté

Geste numérique et geste littéraire : BookTok,

Dark Romance et nouvelles formes de réception 

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Ces webinaires seront diffusés en ligne et ouverts à toutes et à tous. 

 

Axe 4. La place des écrans dans l’enfance et l’adolescence: de la geste imaginaire au geste réel

Coordination d’axe : Fabien Bitu, Carine Roucan, Marine Siguier 

Cet axe de recherche étudie la place des écrans dans les familles, dans l’imaginaire des enfants et des adolescents, et dans la relation parents-enfants. Les gestes nouveaux induits par la place des écrans à la maison s’accompagnent d’une nouvelle façon de considérer la famille, en créant du lien ou, au contraire, en empêchant la communication. Les écrans font partie de l’environnement familial et écrivent une histoire différente : de même que la photographie a développé l’idée de mémoire familiale, les écrans modifient la geste dans les foyers. Les parents et les enfants se racontent et se découvrent les uns les autres en ligne, se créent des avatars dont les postures, les symboles et les gestes reflètent et contredisent leur personne socialement admise par la famille. La place des écrans a notamment fait évoluer un aspect de la relation parents-enfants dans les foyers : celui de la lecture. L’histoire familiale quotidienne s’accompagne d’histoires racontées, dont la transmission est redéfinie par les évolutions numériques.

Domaines de thématisation :

  • l’enfant, l’adolescent et les environnements littéraires numériques
  • la chaîne du livre de jeunesse numérique
  • l’imaginaire numérique chez l’enfant
  • la pensée numérique de l’enfant
  • la place des écrans dans l’environnement systémique de l’enfant

Axes analytiques :

1) Les environnements littéraires numériques chez l’enfant et l’adolescent

Le numérique dans la chaîne du livre de jeunesse : Éditeurs, parents et enfants

Dans une ère où le numérique redéfinit les pratiques de lecture, les maisons d’édition jeunesse investissent de plus en plus dans des formats numériques (livres interactifs, applications éducatives, plateformes en ligne). Ces outils transforment non seulement l’acte de lire, mais aussi la relation entre les éditeurs, les parents et les enfants (Bélisle, 2011). En analysant cette nouvelle chaîne du livre, nous cherchons à comprendre comment les maisons d’édition conçoivent ces supports numériques et comment ces derniers sont perçus par les parents, souvent prescripteurs du livre, et les enfants, récepteurs finaux. Cette approche interroge également l’effet de ces innovations sur les habitudes de lecture des jeunes et sur la médiation parentale qui entoure ces nouvelles pratiques. Une attention particulière est accordée aux stratégies des éditeurs pour promouvoir la lecture auprès des jeunes via le numérique et à l’efficacité de ces dispositifs en termes d’incitation à la lecture.

Le numérique comme incitation à la lecture chez l’enfant et l’adolescent

Le rapport entre numérique et lecture est souvent perçu de manière antagoniste. Pourtant, certaines études indiquent que les technologies numériques peuvent, sous certaines conditions, stimuler l’intérêt pour la lecture chez les jeunes (Ciampa, 2012 ; van der Vlies, 2020). Cette section explore comment les outils numériques, notamment les applications de lecture interactive et les livres augmentés, redéfinissent les pratiques de lecture des enfants et des adolescents, en intégrant des éléments ludiques et multimédias. À travers une approche comparative et empirique, nous étudierons l’impact de ces dispositifs sur la motivation à lire, la compréhension et l’engagement littéraire, tout en cherchant à comprendre quels types d’environnements numériques sont les plus propices à l’incitation à la lecture.

2) L’imaginaire numérique de l’enfance 

Représentations sociales et culturelles des écrans dans l’enfance

Cette thématique se penche sur la manière dont les écrans et leurs usages sont représentés dans les discours sociaux, médiatiques et littéraires. Elle explore également la façon dont les récits et les images véhiculés par les écrans influencent la construction des mythes et imaginaires collectifs autour de l’enfance, du numérique et de la modernité (Amadieu & Tricot, 2013). Cette approche intègre une dimension historique, en s’intéressant à l’évolution des discours sur les technologies face à la jeunesse.

La pensée numérique de l’enfant : perception et conception par l’adulte

Cette thématique explore comment les adultes (parents, enseignants, éducateurs) perçoivent la pensée numérique des enfants et des adolescents, et comment ils interprètent les compétences numériques développées par les jeunes générations. Certaines recherches ont montré que les adultes projettent souvent des craintes ou des idéalisations sur les compétences numériques des enfants, ce qui peut influencer la manière dont ils les accompagnent dans leurs pratiques numériques (Clark, 2012 ; Livingstone, 2016). Cette partie vise à analyser les croyances et représentations des adultes vis-à-vis des usages numériques des enfants, afin de comprendre comment ces représentations façonnent les dynamiques d’encadrement et de régulation des écrans dans le cadre familial et éducatif.

 3) Dynamiques du geste numérique des environnements de l’enfance

Pratiques et usages des écrans par les enfants et adultes dans les foyers

Cette thématique s’intéresse aux types d’écrans utilisés (télévision, tablettes, smartphones, ordinateurs, etc.), aux modalités d’usage (solitaires, partagés, interactifs ou passifs), ainsi qu’aux enjeux éducatifs et familiaux que ces usages soulèvent. Les études montrent que les écrans peuvent être à la fois source de conflits et d’opportunités de rapprochement au sein des familles (Hiniker, 2016 ; Blum-Ross & Livingstone, 2018; Livingstone et al., 2018). Cet axe de recherche interroge comment le rapport à l’écran modifie la dynamique parent-enfant, les tensions ou les complémentarités entre activités numériques et non numériques, et vise à comprendre comment les parents régulent ou encouragent ces pratiques. Nous étudierons également comment les écrans influencent les pratiques parentales et les différentes stratégies mises en place pour équilibrer les activités numériques et non numériques.

Rôle et place des écrans dans les structures d’accueil (écoles, crèches, bibliothèques)

L’intégration des écrans dans les structures d’accueil de l’enfance, telles que les écoles, les crèches, ou les bibliothèques, peut amener à redéfinir la conception de l’accompagnement, et le rôle des professionnels de l’enfance. Des questions cruciales émergent autour de l’impact de ces outils sur l’apprentissage, la créativité et la socialisation des enfants. Cet axe vise à analyser les différentes modalités d’intégration des écrans dans les différents espaces-temps de l’enfance, en mettant en lumière les pratiques innovantes, mais aussi les limitations et les résistances rencontrées. Il vise ainsi à explorer la diversité des approches pédagogiques liées aux écrans, en tenant compte des spécificités des différentes structures d’accueil. Cette partie explorera également l’évolution de la place et de la conception des professionnels de l’enfance à l’ère du numérique.

Contacts : 

Fabien Bitu : fabien.bitu@univ-rouen.fr

Carine Roucan : carine.roucan@univ-lehavre.fr

Marine Siguier : marine.siguier@univ-lehavre.fr 

Références : 

Amadieu F., Tricot A., Apprendre avec le numérique, éditions Retx, “Mythes et réalités”, 2020.

Bélisle C. (dir.), Lire dans un monde numérique, Lyon, Presses de l’Enssib, 2011, 295 p., ISBN : 9782910227852.

Campa K., “Reading in the Digital Age: Using Electronic Books as a Teaching Tool for Beginning Readers / La lecture à l’ère numérique: l’utilisation de livres électroniques comme outil d’enseignement pour les lecteurs débutants”, CJLT Volume 38, Number 2, Jul 20, Canadian Network for Innovation in Education, 2012, https://www.learntechlib.org/p/42890/

Hiniker, Alexis & Schoenebeck, Sarita & Kientz, Julie. (2016). Not at the Dinner Table: Parents- and Children-s Perspectives on Family Technology Rules. 1374-1387. 10.1145/2818048.2819940.

Livingstone, Sonia & Blum-Ross, Alicia. (2020). Parenting for a Digital Future: How Hopes and Fears about Technology Shape Children’s LivesHow Hopes and Fears about Technology Shape Children’s Lives. 10.1093/oso/9780190874698.001.0001.

Livingstone, Sonia and Mascheroni, Giovanna and Staksrud, Elisabeth (2018) European research on children’s internet use: assessing the past and anticipating the future. New Media and Society, 20 (3). pp. 1103-1122.  DOI: 10.1177/1461444816685930

Livingstone, S., & Sefton-Green, J. (2016). The Class: Living and Learning in the Digital Age (Vol. 1). NYU Press. http://www.jstor.org/stable/j.ctt18040ft

Van der Vlies, R. (2020), « Digital strategies in education across OECD countries : Exploring education policies on digital technologies », Documents de travail de l’OCDE sur l’éducation, n° 226, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/33dd4c26-en.