Auteurs
Peppe Cavallari, Maître de conférences en SIC, Institut catholique de Paris,
Daiana Dula, Maîtresse de conférences en SIC, Normandie université-Le Havre,
Marine Siguier, Maîtresse de conférences en SIC, CY Cergy Paris Université.
Panorama thématique
“La diversité des thématiques abordées dans ce dossier illustre ce passage d’un geste d’appareil à une véritable anthropologie des gestes numériques. La diversité des contributions montre comment, derrière chaque clic ou scroll ou tap, se cache une geste — un récit qui définit notre être-au-monde contemporain. Répartis sur deux numéros d’un même volume intitulé La geste et le geste numériques : pour une gestique de l’homme interfacé, les articles sélectionnés portent l’interdisciplinarité et la diversité épistémique pour principes. Nous avons ordonné ces propositions autour de cinq grandes thématiques : Politiques de réappropriation ; Corps design et mimétisme ; Archéologie et poétique du geste ; Esthétiques de la présence ; Critique des gestes modèles”
Extraits de la relation Geste/Trace
“La geste indique une manière de faire trace, de garder en mémoire à travers une narration qui devient vision du monde culturellement prédominante.” (Laurence Mathey, 2023). (…)
“Dans l’epos (au sens du récit épique) du numérique trivial, le geste grammatise, enregistre, trace, sur un écran et parmi les écrans. Le geste numérique est toujours en suspens (Citton, 2012), et pourtant il s’actualise en permanence dans ses traces, qui sont autant de notifications du temps réel, celles de l’« être en train de » et de l’« il y a », soit des marqueurs temporels de l’être en ligne et de la performance d’écran (Cavallari, 2020, 2021)”.(…)
“Nous postulons que le geste, dans sa déclinaison digitale, réinvente la geste, dans son acception médiévale, par le fait de raconter et de se raconter. La mise en scène de soi sur les réseaux et les plateformes (Aubert & Haroche, 2011 ; Georges, 2009 ; Siguier, 2025 ; Stiegler, 2012) transforme à son tour les gestes liés aux histoires écrites, lues et éditées, mais elle convoque également une véritable phénoménologie du « corps-trace » (Galinon-Mélénec, 2017).” (…).
“Plusieurs contributions questionnent la transition entre les gestes ancestraux (écriture, fouille) et leur traduction numérique ou biologique, interrogeant la nature même de la trace, de la reproduction et de la vérité. “Les effets de la production et de la socialisation numérique des traces sont aussi interrogés au prisme des pratiques forensiques” (Michaël Bourgatte, 2026).” (…).
Texte entier en open source
https://www.unilim.fr/interfaces-numeriques/5651