Architextualiser le geste : architecture et numérique dans la mutation des régimes de conception par Hafida Boulekbache-Mazouz. Revue Interfaces numériques Vol 15/1

Auteur

Hafida Boulekbache. Architecte urbaniste et chercheur en communication urbaine. Hafida Boulekbache est Professeur des universités, membre du laboratoire Larsh, Directrice du département DeVisu et co-directrice avec Béatrice Galinon-Mélénec et Sylvie Leleu Merviel de L’Homme-trace. La trace, du sensible au social tome 5 de la série L’Homme-trace (CNRS éditions).  

Introduction du lien entre geste architectural et trace

« Le geste architectural constitue l’acte inaugural de toute conception. De la genèse de l’idée à son expression graphique, du dessein au dessin, il se déploie, se structure et s’incarne dans la matière, dans la mémoire et désormais dans les environnements numériques. Il relève à la fois du mouvement, de la pensée et de la trace : un processus par lequel une image intérieure se transforme en forme partageable, articulant intention, projection et matérialité.

La trace ne saurait être réduite au simple résidu d’une action. Elle agit comme opérateur de relations et de significations : elle témoigne, relie et rend présent ce qui n’est pas encore réalisé. Dans la perspective anthropo-sémiotique de Galinon-Mélénec (2017) la trace s’entend comme une empreinte relationnelle, à la fois inscription et indice d’un système d’interactions. Le geste architectural s’inscrit pleinement dans cette logique : il engage une intention au sein d’un milieu technique et social qui en conditionne la lisibilité et la portée. À travers le dessin, le plan, l’élévation, la maquette, mais aussi la modélisation 3D, le BIM ou les dispositifs paramétriques, le geste produit une inscription où la pensée se matérialise « en acte » et acquiert une dimension communicable dans l’espace professionnel. Le numérique ne supprime pas le geste ; il en modifie les modalités, l’étend et parfois le reconfigure, en introduisant de nouvelles formes d’exploration, de simulation et de fabrication » Hafida Boulekbache-Mazouz. 

Suite en open source sur le lien suivant :  https://www.unilim.fr/interfaces-numeriques/5663

Mots clefs 

Quête de visibilité et mise en scène sur les réseaux socionumériques, Liénard Fabien et Zlitni Sami (dir.), collection « Communication et traces numériques », tome 2, Presses universitaires Rouen Le Havre, 2022.

 

Coordination éditoriale :

 Fabien LiénardSami Zlitni, UMR IDEES 6266 CNRS Normandie Université Le Havre

Avec la participation de :

Anne Beyaert-Geslin, Zineb Majdouli, Bérengère Stassin, Brigitte Simonnot, Gilles Brachotte, Alexander Frame, Laëtitia Bibié et Laura Goudet, Théodora Miéré Valérie Croissant, Isabelle Hare et Annelise Touboul, Mariannig Le Béchec et Camille Alloing.

Présentation

Quête de visibilité et mise en scène sur les réseaux socionumériques : de la promotion de soi à la cyberviolence constitue le deuxième volume de la collection « Communication et traces numériques » publié aux PUHR. Il s’inscrit dans la continuité de Regards croisés sur la communication et la trace numériques (vol. 1, 2020).

Le rôle des traces numériques constitue un fil directeur fort de ce nouveau volume. Tout en abordant des objets variés (selfies, trolls, médias numériques, etc.) et en discutant de thématiques propres (cyberviolence, vitalité politique, financement participatif, etc.), les auteurs se posent tous la question de la nature et du processus de construction de traces numériques remarquables dans des situations particulières de communication.

Ce fil conducteur guide l’analyse des effets de sens dans les phénomènes de communication, c’est-à-dire de la manière dont les énoncés et les discours peuvent être interprétés au regard de leur contexte de production, de publication, de circulation et de réception. Pour questionner spécifiquement les phénomènes d’énonciation tels qu’ils apparaissent dans les systèmes sémiotiques (textes, images, sons) auxquels il est possible de recourir dans les dispositifs techno-éditoriaux et dans les dispositifs sociotechniques de l’information et de la communication qui sous-tendent les réseaux socio-numériques, il est fait appel à des rapprochements entre sémiotique et sciences de l’information et de la communication.