“Sémiotique des gestes communicatifs”, Jacques Cosnier, Jocelyne Vaysse. In Nouveaux actes sémiotiques, 52, 1997, pp. 7-28.

Auteurs
Jacques Cosnier, docteur en médecine et docteur ès sciences, professeur émérite de psychologie des communications à l’Université Lumière (Lyon II)

Jocelyne Vaysse, Médecin cardiologue et psychiatre

Présentation

Cet article de 1997 met en évidence des points qui feront l’objet de nombreuses publications ultérieures :

 1-Le domaine de la gestualité communicative, même limité essentiellement à la conversation, est un domaine complexe en raison des multiples fonctions des gestes et de leurs rapports variés avec le langage, le corps, les référents et les locuteurs.

2-La participation des gestes à des énoncés est évidente pour la catégorie des quasi-linguistiques.

3. Dans certaines circonstances les gestesi peuvent se développer en dialectes, voire en véritables langues, comme les “langues des signes” des communautés sourdes.

3-Une partie importante de la gestualité sert à la pragmatique interactionnelle : régulation, maintenance, inférences empathiques, copilotage…

4-Une autre partie sert à l’activité énonciative : facilitation cognitive, qui fait qu’on ne peut que difficilement parler sans bouger (tandis que l’on peut réciter sans le faire).

5- Le geste, entendu comme activité motrice communicative est aussi modalisée par des caractéristiques propres à chaque individu , même si l’on peut décrire des profils énonciatifs associés à des caractères culturels qui déterminent les règles d’usage et les styles gesticulatoires.

Accès ouvert  file:///Users/bgm/Downloads/II-10_Semiotique_des_gestes.pdf

Autour du geste. Entretien avec le Professeur Alain Berthoz (Collège de France), Joël Candau Arnaud Halloy, 2012.

 

Résumé

Dans cet entretien, Alain Berthoz développe l’idée que le geste (l’acte) est une manifestation de la simplexité parce qu’il est un résumé immédiatement compréhensible d’une réalité complexe. Il présente les travaux (les siens et ceux d’autres auteurs) qui l’ont conduit à cette conclusion et plaide pour un rapprochement interdisciplinaire.  Un texte accessible publié à la même époque que la parution des premiers articles et ouvrages sur le paradigme de l'”Homme-trace” et qui témoigne du contexte commun d’émergence. Incontournable pour les lecteurs de ce carnet.

 

Source

Candau, J. & Halloy, A. (2012). Autour du geste : entretien avec le Professeur Alain Berthoz (Collège de France). Anthropologie et Sociétés, 36(3), 27–56. https://doi.org/10.7202/1014164ar

En libre accès 

https://www.erudit.org/fr/revues/as/2012-v36-n3-as0445/1014164ar.pdf

Questionnement sur le couplage énactif comme dualité sémiotique

Maryvonne Holzem, Jacques Labiche. Intelectica, 2017

 

Auteurs

Maryvonne Holzem (habilitée à diriger des recherches)  &  Jacques Labiche (Professeur), Laboratoires Dylis & Litis, Université de Rouen Normandie.

Résumé (des auteurs)

Cet article abordera la problématique sujet-monde commune à de nombreux champs scientifiques, sous l’angle d’une réflexion sur le contexte comme lieu du couplage entre un sujet et son environnement et d’appariement temporaire entre contenu et expression. La difficulté essentielle est alors d’expliciter le régime de rationalité des interactions entre des grandeurs de natures différentes: matérielles-immatérielles, corps-esprit. C’est pourquoi nous approfondirons ici le concept de dualité, source de nombreuses mésinterprétations. Nous tenterons un parallèle avec les processus à l’œuvre lors du couplage énactif. Nous concevons un environnement numérique de travail ENT centré utilisateur apte à éprouver cette posture.

Source 

Maryvonne Holzem, Jacques Labiche. Questionnement sur le couplage énactif comme dualité sémi- otique. Intellectica – La revue de l’Association pour la Recherche sur les sciences de la Cognition (ARCo), 2017.

En libre accès : ⟨hal-01895870⟩

Mots-clés : Dualités, énaction, couplage, point de vue, interprétation, perception.

Le corps à l’épreuve des applications : des « petits gestes » éprouvants ?

Inès Garmon, 2020

Auteur

Inès Garmon : GRIPIC (CELSA – Paris Sorbonne)

Résumé

Les gestes de manipulation des interfaces tactiles composent une culture médiatique incorporée, mobilisée par les industries numériques : nous réalisons du bout du doigt beaucoup de nos activités quotidiennes. Opérant divers services, ces gestes en apparence minuscules sont une médiation problématique entre l’utilisateur et le dispositif : gestes caméléons, une grammaire limitée opère des actions hétérogènes ; engageant le corps, ils favorisent une expérience affective ; artefacts, ils participent du branchement au corps par l’industrie. Ce texte vise ainsi à apporter des éléments pour la compréhension de ce que les industries culturelles et numériques mobiles font au corps de l’utilisateur.

Source

Inès Garmon, « Le corps à l’épreuve des applications : des « petits gestes » éprouvants ?  », Les chantiers de la création [En ligne], 12 | 2020, mis en ligne le 01 avril 2020, DOI : https://doi.org/10.4000/lcc.3102

En libre accès : http://journals.openedition.org/lcc/3102 

“Entre sciences de l’information et de la communication et sciences cognitives : les bases d’un dialogue possible”. AAC de la revue COSSI (08/09/ 2024)

COSSI n°15 — Soumission des résumés avant le : 08/09/2024

Coordination

Anne Lehmans, Professeur des universités INSPE IMS UMR5218 CNRS University of Bordeaux

Monica Macedo, Professeur des universités INSPÉ ParagrapheCY Cergy Paris University, Cergy-Pontoise

Résumé partiel

Thème :

Entre sciences de l’information et de la communication et sciences cognitives : les bases d’un dialogue possible”. Une question de positionnement épistémologique et méthodologique qui concerne les recherches conduites par les chercheurs de Ichnos Anthropos

“Les sciences cognitives, qui incluent la psychologie cognitive, les neurosciences, la linguistique, l’informatique, la philosophie, l’anthropologie, s’intéressent, entre autres, aux mécanismes physiologiques de la cognition tels qu’ils sont observables avec des techniques comme l’imagerie cérébrale ou l’oculométrie, ce qui n’exclut pas la prise en compte de l’environnement dans la compréhension de ces mécanismes. Leurs méthodes sont principalement quantitatives et expérimentales, et l’« éducation basée sur des preuves » (evidence based education) constitue une notion centrale dans les recherches actuelles sur les méthodes d’enseignement et d’apprentissage (Dunlosky & Rawson, 2019). Dans quelle mesure ces méthodes sont-elles susceptibles d’éclairer les questions d’une discipline qui travaille essentiellement à l’échelle des relations sociales et s’appuie largement sur des méthodes qualitatives issues des sciences humaines et sociales ? Inversement, les SIC intéressent-elles les sciences cognitives du point de vue des problématiques qu’elles soulèvent, de leurs objets ou de leurs méthodes ?

Pour en savoir plus sur l’ensemble de l’appel : https://revue-cossi.numerev.com/appels-a-contribution/215-revue-15-entre-sciences-de-l-information-et-de-la-communication-et-sciences-cognitives-les-bases-d-un-dialogue-possible

Performativité de l’être-en-ligne. Pour une phénoménologie de la présence numérique (Giuseppe Cavallari, Thèse, 2018)

 

 

 

 

Auteur

Giuseppe Cavallari

Soutenance pour l’obtention du grade de Docteur de Thèse (Université de Technologie de Compiègne et de l’Université de Montréal),  présentée Le 6 novembre 2018, à Hétic (Montreuil).  Spécialité : philosophie et sciences de l’information et de la communication devant un jury composé de   : Monsieur Serge BOUCHARDON Professeur des Universités, Université de Technologie de Compiègne Monsieur Dominique CARDON Directeur du Médialab de Sciences Po Madame Giusy PISANO Professeure des Universités, ENS Louis-Lumière Monsieur François-David SEBBAH (directeur) Professeur des Universités, Université Paris-Nanterre Monsieur Michael SINATRA Professeur titulaire, Université de Montréal Monsieur Stéfan SINCLAIR Professeur titulaire, McGill University, Monsieur Marcello VITALI-ROSATI (directeur) Professeur agrégé, Université de Montréal, Madame Adeline WRONA Professeure des Universités, Université Paris-Sorbonne CELSA

Résumé

Autour d’une question fondamentale comme celle de la présence, nous mobilisons une littérature interdisciplinaire grâce à laquelle les contributions de l’anthropologie et de la géographie sociale, de la théorie du théâtre et du cinéma, des performance studies, de la psychanalyse et de la sociologie, sont articulées dans la perspective de la phénoménologie et des sciences de l’information et de la communication. Notre façon d’habiter le monde a changé : l’être-en-ligne se révèle alors comme étant la nouvelle condition existentielle. La connexion au réseau, le web, les applications, dans leur ensemble, disposent les choses et les personnes selon des relations opérationnelles de proximité spatio-temporelle. Notre espace est un espace performatif, car il se produit à partir de nos actions, nos postures et nos gestes, gestes photo-graphiques, éminemment réflexifs, qui créent la mise en scène numérique. En allant au-delà du modèle de « l’interface », cette mise en scène est devenue la spatialité de raccordement de tous nos espaces d’action. Nous identifions alors la performativité du direct et de l’enregistrement, la performativité de l’être en train de…, de l’attention présentielle et du « suspens gestuel », la performativité des algorithmes et des notifications, la performativité des emoji et de tout ce qui «fait visage»; et encore, la performativité des questions et des messages automatiques derrière lesquels parfois il y quelqu’un et d’autres fois il n’y a personne (comme lorsqu’on sonne à la porte dans une scène de La cantatrice chauve). A la lumière d’une analyse sociosémiotique des la gestuelle numérique, des écrans, du graphisme propre aux réseaux sociaux et aux applications de messagerie instantanée tout comme des « protocoles de la vie quotidienne », nous décrivons la présence comme étant toujours l’effet d’une médiation. Cette médiation est, à la fois, disjonction et fiction, car elle se manifeste dans l’écart et dans la différence aussi bien que dans la fiction de l’hypermédiatété. Il y a de la présence, en somme, s’il y a du jeu, au sens spatiale de l’expression « il y a du jeu » mais aussi au sens fictionnel et ludique du jouer à… . Comme le garçon du café décrit par Sartre, nous jouons, fictionnons et de-fictionnons le réel, en faisant « comme si » était vrai ce qui, par ailleurs, l’est vraiment.

Thèse en libre accès sur hal  https://theses.hal.science/tel-02458177/document

Énaction, Externalisme et Suppléance Perceptive (Charles Lenay, 2006)

Auteur

Charles Lenay, professeur de philosophie et sciences cognitives, COSTECH EA2223 Université Technologique de Compiègne

RESUME.

Des  situations expérimentales très simples permettent de dépasser la critique du représentationnalisme pour définir précisément, et faire fonctionner concrètement, le schème explicatif de la perception comme énaction. Localisation et reconnaissance de forme s’inscrivent dans l’espace des déplacements du point de vue relativement à l’objet perçu. Ici, l’espace de perception est l’espace d’action lui-même, et non pas un espace interne de représentation. Plutôt que de présupposer une séparation entre expérience vécue interne et objectivité externe et  de seulement chercher des corrélats neuronaux,  l’espace de l’expérience vécue est ici co-extensif à l’espace d’action et de perception. 

Extraits 

pp. 46-47

Le point de vue du sujet qui correspond à son « point d’action » est nous semble-t-il à attacher nécessairement à un système vivant qu’on pourra définir, suivant en cela Francisco Varela, comme une unité autopoïétique. Mais cette localisation du point de vue n’est pas celle du contenu de l’expérience. La causalité circulaire qui assure le maintien dans l’existence de l’unité autopoïétique engage non seulement ce qui est compris derrière les frontières de sa membrane ou de sa peau, mais aussi toutes les conditions environnementales qu’elle définit et modifie par ses actions. De même, les opérations cognitives peuvent mobiliser aussi bien des structures internes de l’organisme que des structures et traces dans son environnement.

p.49.

L’analyse et l’innovation dans le champ des « technologies cognitives » – c’est-à-dire des dispositifs qui supportent notre activité cognitive (et non pas des systèmes qui penseraient à notre place) – s’inscrit naturellement dans cette conception énactive. En effet, si l’on revenait à une conception représentationnaliste, la compréhension des conditions techniques de nombreuses opérations cognitives nécessiterait encore des redoublements périlleux. Par exemple, pour comprendre l’utilisation de traces externe comme support d’une mémoire on devrait mobiliser des capacités représentationnelles cognitives complexes de ces traces. On ne comprendrait plus comment elles peuvent soulager ou augmenter notre activité cognitive.

Source 

Charles Lenay, Énaction, Externalisme et Suppléance Perceptive, Intellectica, 2006/1, 43, pp. 27-52 

En accès ouvert sur :   https://intellectica.org › SiteArchives › actuels › n43 › 43-3-Lenay.pdf

L’art numérique. Comment la technologie vient au monde de l’art.

Ref : Couchot, E., et Hillaire, N. (2003), L’art numérique. Comment la technologie vient au monde de l’art. Paris : Flammarion

Auteurs :

Edmond Couchot est Docteur d’État et Professeur honoraire des universités. Il a dirigé la formation Arts et Technologies de l’Image à l’Université Paris 8 pendant une vingtaine d’années et a participé aux recherches du laboratoire Images numériques et Réalité Virtuelle. Il s’intéresse, en tant que théoricien, aux relations de l’art et de la technologie. 

Essayiste, chercheur, artiste, Norbert Hillaire est professeur émérite de l’université de Nice  (Sciences de l’art et Digital studies), où il a dirigé le département des Sciences de l’information et de la communication. Il préside l’association Les murs ont des idées, spécialisée dans l’étude de l’habitat et la ville de demain.

Résumé :

Depuis les années 1990 sont apparues de nouvelles formes artistiques, toutes fondées sur l’usage des technologies numériques : images de synthèse, dispositifs interactifs, multi et hypermédia, art en réseau… Ce phénomène gagne les arts contemporains en général, et la photo, le cinéma, la vidéo, les spectacles vivants recourent de plus en plus à ces technologies, se revivifient et se transforment à leur contact. Les auteurs de cet ouvrage retracent l’histoire de l’art numérique, en dressent un panorama mondial et en relèvent les nouvelles tendances. Ils analysent aussi les raisons qui l’ont maintenu à l’écart du champ artistique «officiel» et soulignent ce qui fait rupture et continuité avec les objets, les fonctions, les supports et les territoires antérieurs de l’art. En quoi l’art numérique est-il l’art de l’hybridation par excellence ? Quels bouleversements profonds les technologies numériques introduisent-elles dans les modes de production, de diffusion et de conservation des œuvres, dans le marché de l’art, et dans le rapport souterrain mais crucial qui s’instaure désormais entre l’art et la science ? Comment envisager les rapports entre l’art, la culture et la technologie à l’âge des industries numériques mondialisées ?

Les modèles de l’intelligence artificielle substitutifs à l’expérimentation animale

Ref : Colloc J. (2024)  « Les modèles de l’intelligence artificielle substitutifs à l’expérimentation animale », (chap.4) Transanimalisme, l’animal augmenté : entre utilité et protection ed. par  B. Bévière-Boyer, A. Cayol et E. Gaillard, ed. Mare & Martin, pp.69-86

Auteur :

Joël COLLOC est professeur émérite des universités en Informatique, membre du Laboratoire UMR IDEES Le Havre. Docteur en médecine, ancien médecin légiste des hôpitaux de Lyon, il est docteur en informatique de l’INSA de Lyon. Ses recherches concernent l’intelligence artificielle (IA) en e-Santé, la sémiologie, le raisonnement clinique. Il préconise une éthique de l’IA respectueuse de  la relation patient-soignant, la vie privée et la liberté de choix des patients. Il s’intéresse aux systèmes complexes, la nature de la pensée, aux évolutions de l’IA générative autonome (Chatbots) vers la conscience artificielle et aux conséquences sociologiques pour  l’avenir de l’humanité.

Résumé de l’ouvrage :

Nombreuses sont les évolutions biologiques, génétiques, technoscientifiques bouleversant la condition animale. Longtemps, les progrès ont eu exclusivement vocation à soigner et à soulager les animaux. Ce paradigme est révolu. Il est désormais question d’augmentations, de transformations, d’adaptations, de performances artificielles de l’animal pour que celui-ci soit plus rentable et utile pour les besoins humains. Reste à savoir si ces finalités sont légitimes alors qu’il est de plus en plus fait mention à la sensibilité de l’animal, à son bien-être, à son droit à une protection spécifique dans un contexte de développement durable et de risques accrus pour l’écosystème global. Le défi de la préservation de l’« animalité » est engagé. La réflexion pluridisciplinaire est indispensable pour dresser les constats de l’impact du transanimalisme actuel et à venir et pour rechercher, collectivement, des modalités de protection tenant compte des évolutions et des limites à ne pas franchir.

Intelligence Artificielle et amélioration de la cognition : Avantages et Limites

Ref : Colloc J. (2022) « Intelligence Artificielle et amélioration de la cognition : Avantages et Limites » (chap. 6), in Le transhumanisme à l’ère de la médecine améliorative, ed. par  A. Cayol , B. Bévière-Boyer, W. Wang et E. Gaillard, ed. Mare & Martin, pp.89-104

Auteur :

Joël COLLOC est professeur émérite des universités en Informatique, membre du Laboratoire UMR IDEES Le Havre. Docteur en médecine, ancien médecin légiste des hôpitaux de Lyon, il est docteur en informatique de l’INSA de Lyon. Ses recherches concernent l’intelligence artificielle (IA) en e-Santé, la sémiologie, le raisonnement clinique. Il préconise une éthique de l’IA respectueuse de  la relation patient-soignant, la vie privée et la liberté de choix des patients. Il s’intéresse aux systèmes complexes, la nature de la pensée, aux évolutions de l’IA générative autonome (Chatbots) vers la conscience artificielle et aux conséquences sociologiques pour  l’avenir de l’humanité.

Résumé de l’ouvrage :

S’appuyant sur des témoignages de professionnels de santé, cet ouvrage permet de mettre en exergue le glissement de la médecine du thérapeutique vers l’amélioration de l’Homme.
Il a pour objectif d’engager des réflexions pluridisciplinaires et internationales sur les évolutions biologiques et technoscientifiques susceptibles de bouleverser la condition humaine.
Il s’agit notamment de déterminer si la médecine améliorative doit être autorisée, limitée ou prohibée, l’enjeu étant de parvenir à préserver l’humanité de l’Homme.

Geste filmé, gestes filmiques

Ref : Blümlinger, C., et Lavin, M. (2018), Geste filmé, gestes filmiques, Sesto San Giovanni : Éditions Mimésis

Auteurs :

Christa Blümlinger est professeure en études cinématographiques à l’Université Paris 8. Parmi ses publications figurent: Cinéma de seconde main. Esthétique du remploi dans l’art du fi lm et des nouveaux médias (2013) et Morgan Fisher, Off-Screen Cinema, co-dirigé avec Jean-Philippe Antoine (2017).

Mathias Lavin est maître de conférences en études cinématographiques à l’Université de Paris 8. Il a écrit plusieurs ouvrages sur Manoel de Oliveira : La Parole et le Lieu (2008) ; Val Abraham (2012) ; L’Étrange Affaire Angélica (2013). Il a co-dirigé, avec Diane Arnaud, un collectif dédié à Ozu (Ozu à présent, 2013).

Résumé :

Au fil de l’histoire du cinéma, les gestes filmiques ont contribué à une « réflexion » esthétique qui a su suivre l’évolution des moyens techniques. D’autre part, les gestes filmés ont participé à la figuration d’une humanité prise entre le retour d’une gestualité perdue et le risque d’une dépossession de soi, liée à l’âge des machines. Sur des objets divers, les textes rassemblés ici explorent cette tension entre techniques et corps qui caractérise notre relation aux images et aux médias. Ce livre associe de la sorte des approches anthropologiques, esthétiques et historiennes : il s’interroge sur le déclin ou l’invention de certains gestes, étudie des questions de figuration gestuelle, et montre enfi n comment le cinéma a su intégrer des conceptions du geste provenant d’autres domaines, culturels, scientifiques ou techniques. Apparaît ainsi la complexité de l’articulation entre gestes filmés et gestes filmiques – dans des régimes spatio-temporels spécifiques, à l’orée du « deuxième âge des machines ».

Manifeste d’InterGestes – La geste et le geste numériques

L’objectif premier des travaux portés par InterGestes est d’interroger le jumelage entre la geste et le geste à l’aune des productions numériques. La diversité des perspectives permet aux chercheurs de replacer cette association thématique dans des contextes multiples – historique, technique, culturel et social, communicationnel, clinique, etc. -, cependant qu’elle se constitue via des regards transdisciplinaires. Aussi, d’une intuition contextuelle, l’association la geste & le geste et sa caractérisation numérique occupent d’ores et déjà un territoire de recherche particulièrement stimulant. 

La geste vient du latin gesta, du verbe gerere, qui signifie agir, faire. En ancien français, le terme désigne le récit des actions mémorables et hauts faits d’un héros et de ses représentants (Mathey, 2023). La geste médiévale se fait alors trace : il s’agit de garder en mémoire ces actes héroïques. Le geste est issu du latin gestus, désignant une attitude, un mouvement du corps, un jeu, une mimique de l’orateur ou de l’acteur. Salomon Reinach définit le geste comme un “mouvement du corps ou d’un membre du corps qui exprime une pensée ou une émotion” (Reinach, 1924). Dans cette perspective, il devient nécessaire de penser le geste digital à l’aune de sa matérialité. Le geste digital réinvente ainsi la geste médiévale, dans la narration même, dans la manière de raconter et de se raconter, par la mise en scène de soi sur les réseaux et plateformes, qui, à leur tour, transforment les gestes liés aux histoires écrites, lues et éditées.

Fondamentalement, la geste et le geste sont des artefacts, et à ce titre ils émergent de volontés, d’expériences, de crédos, de projections, en bref de tout processus révélateur, au sens quasi photographique du terme, de mise en évidence. Ils engagent également des processus de spatialisation, car les gestes produisent un espace anthropologique et social (Lefebvre, Wulf).  Le geste numérique est le fait d’au moins un mouvement : ce mouvement advient dans des espaces différents, à l’écran et en dehors de l’écran. Notre corps habite un espace polytopique (Stock), dans lequel la performance d’écran réalise la coexistence entre plateformes et interfaces numériques et les lieux connectés au réseau où nous nous trouvons. Un geste numérique, un geste d’écriture ou de lecture, de visionnage ou de partage, est toujours un événement qui a lieu, au même moment, dans l’interface numérique et dans la rue : les deux espaces sont unis par le même mouvement (Cavallari, 2021). La geste, quant à elle, est le fait du mouvement par sa nature propre : diégétique, inscrite dans l’axe espace-temps, y compris quand elle accueille du geste, la geste historicise, met en parole, s’emploie à dérouler, faits, chroniques et aventures. Le geste numérique n’est pas un geste abstrait, présumé, imaginaire, parce qu’il aurait lieu dans un espace dématérialisé, sorte d’univers parallèle. Au contraire, il s’inscrit sur des supports, intégrés à l’espace social  et aux nouvelles techniques du corps qu’il façonne. La mise en avant de cet ancrage cinétique favorise la diversité des regards et des approches possibles.

Parce que les abords critiques suscités par cette association sont riches, chaque piste empruntée peut ouvrir sur des prospectives fort diverses, au croisement du geste narratif et de la narrativité gestuelle et par-delà l’engagement des corps concrets. Le geste digital dispose-t-il d’une matérialité à part ? Comment appréhender son caractère performatif ? Une commande informatisée vaut-elle énoncé ? Emoticônes, gifs, selfies sont-ils des figures / figurations de styles physiques, des expressions évolutives au service de rhétoriques numériques et d’architextes (Jeanneret & Souchier) ? Plus encore, peut-on concevoir une critique des narrativités gestuelles selon les modalités des narrativités analogiques? Autrement dit, de la même façon que les dispositifs sont désormais “intelligents,  peut-on évoquer une “physiologie” du geste numérique, une “morphologie” des contenus, cependant que se poursuivent les “médiamorphoses” de la langue, i.e. des formes et des écritures médiatiques ?

Les axes d’InterGestes :

Toutes ces réflexions autour du jumelage entre la geste et le geste numériques ont fait émerger quatre axes thématiques et interdisciplinaires :

Gestique des robots humanoïdes : anthropomorphisation, incorporation et récits des robots humanoïdes 

La reconnaissance faciale : cognition, émotion, significations 

Geste amateur(e) dans les productions audiovisuelles 

La place des écrans dans l’enfance et l’adolescence : de la geste imaginaire au geste réel

Ces axes, nécessairement non exhaustifs, ont pour vocation de mettre à l’épreuve l’opérativité du jumelage entre la geste et le geste, tout en hybridant les ancrages théoriques, les outils, les méthodes et les corpus issus de différentes disciplines.

Historique d’InterGestes : 

En décembre 2023, Daiana Dula (Maitre de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication), Carine Roucan, (Maitre de conférences en langue et littérature françaises), et Marine Siguier (Maitre de conférences en sciences de l’information et de la communication), organisent une première journée d’études intitulée « La Geste et le geste numériques », avec le double soutien du Pôle de Recherches en Science Humaines de l’université Le Havre Normandie et du Laboratoire On Human Trace, UNITWIN UNESCO sur les systèmes complexes. 

En 2024, à l’issue de plusieurs ateliers de recherche avec les participants à la JE,  Daiana Dula, Marine Siguier et Peppe Cavallari (Institut Catholique de Paris) composent le comité de direction. Les participants à la JE deviennent les membres fondateurs du groupe de recherche InterGestes-La geste et le geste numérique, émanation de l’UMR 6266 CNRS IDEES. Le groupe fédère désormais une dizaine de chercheurs d’horizons géographiques et disciplinaires différents.

Webinaires InterGestes 2024-2025 – La geste et le geste numérique

N.B. Pour 2025-2026 :https://onhumantrace.hypotheses.org/category/webinaires-2025-2026

____________  Webinaires 2024-2025 

Les webinaires d’InterGestes sont des dialogues scientifiques entre les membres du groupe de recherche et un chercheur invité. L’objectif est de favoriser des réflexions interdisciplinaires autour de la question de la geste et du geste numériques.

Ces webinaires seront diffusés en ligne, sur le lien suivant, et ouverts à toutes et à tous : https://meet.jit.si/INTERGESTwebinaire20242025

Jeudi 24 octobre 2024, 17h : “Mon robot, les émotions et moi” (webinaire inaugural)

Intervenant invité : Serge TISSERON, psychiatre et docteur en psychologie

Discutants : Peppe CAVALLARI, Daiana DULA, Marine SIGUIER

Si l’empathie artificielle consiste dans la capacité du robot d’identifier les émotions de ses interlocuteurs humains, les émotions artificielles correspondent à sa capacité  d’interagir avec des humains par des interfaces vocales et mimo-gestuelle  totalement simulées. Dans le monde des “robjets” dans lequel nous vivrons lorsque les robots seront parmi nous, plusieurs risques méritent d’être pris en compte dès maintenant. Ces risques touchent aux caractéristiques techniques des robots ainsi qu’à notre approche, à nos projections et à nos “oublis”.

Serge Tisseron est psychiatre, président-fondateur de l’Institut pour l’étude des relations homme-robots (IERHR) et cofondateurs du Diplôme universitaire de Cyberpsychologie (Université de Paris Cité). Auteur d’un nombre considérable d’ouvrages et d’articles, il étudie depuis vingt ans les liens que nous entretenons avec les images et les objets techniques. Pour se renseigner sur le parcours de ses recherches et suivre l’actualité de ses activités, voir sur son site personnel : https://sergetisseron.com/

Jeudi 5 décembre 2024, 17h : GESTES PERCEPTIFS ET INTERACTIONS EMOTIONNELLES 

Intervenant invité : Charles Lenay, professeur de philosophie et sciences cognitives à l’Université Technologique de Compiègne

Discutantes : Daiana DULA, Inès GARMON

En deçà de la narration, en deçà du geste expressif, on peut chercher à comprendre le geste perceptif, c’est-à-dire l’activité qui permet de percevoir. En particulier pour la perception tactile, il est clair qu’elle ne peut se réaliser qu’à travers des gestes exploratoires spécifiques de ce qui est perçu. Ceci est important quand on considère ensuite les interactions perceptives interindividuelles. En effet, dans le croisement perceptif deux activités perceptives s’accrochent l’un à l’autre, ce qui peut être porteur de valeurs émotionnelles. L’étude des cas d’interactions perceptives interindividuelle peut alors être utile pour ensuite considérer les interactions avec des agents artificiels. Charles Lenay proposera un paradigme expérimental qui permet cette étude d’un point de vue scientifique et qui en même temps permet le dialogue avec des descriptions phénoménologiques.

Charles LENAY est professeur de philosophie et sciences cognitives.Il a mené une partie de sa carrière à l’Université de Technologie de Compiègne, où il a dirigé des recherches au sein du laboratoire Costech (Connaissances, organisations et systèmes techniques), un lieu incontournable pour l’étude des technologies et de leurs enjeux sur l’humain. Ses travaux enrichissent, notamment, notre compréhension des relations entre perception, technologie et interaction sociale. Sa réflexion porte sur les façons dont les technologies médiatisent ou reconfigurent les expériences perceptives et sociales. Il s’intéresse aux phénomènes de téléprésence, c’est-à-dire la manière dont les technologies modifient nos relations spatiales et temporelles avec autrui.

Jeudi 27 février, 17h : “Intelligences artificielles”? Entre étonnement et mépris

Intervenant invité : Marcello VITALI-ROSATI, philosophe, professeur au département des littératures de langue française de l’Université de Montréal, titulaire de la chaire d’excellence en édition numérique de l’Université de Rouen Normandie 

Discutants : Peppe CAVALLARI, Joël COLLOC, Béatrice GALINON-MÉLÉNEC

L'”intelligence artificielle” suscite des réactions opposées. D’un côté un énorme étonnement: nous sommes “impressionné.es” par les capacités d’un modèle de langage, nous restons sans voix devant un chatbot qui répond à nos questions. De l’autre côté, une forme de mépris: “oui, je vous accorde qu’une machine sait peut-être faire cela, mais elle ne saura jamais faire X”, comme le formulait Turing en 1950. D’où nous vient cette double réaction? Par quoi sommes-nous impressionné.es? En quoi nous nous sentons toujours supérieur.es? Nous chercherons de proposer une réponse à ces questions.

Philosophe et spécialiste d’édition numérique, Marcello Vitali-Rosati est professeur au département des littératures de langue française de l’Université de Montréal, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques et de la Chaire d’excellence en édition numérique à l’Université de Rouen. Il développe une réflexion philosophique sur ce que devient le monde à l’ère des technologies numériques. À partir de l’étude et de la pratique du code, il analyse la manière dont les algorithmes, les formats, les logiciels et les plateformes redéfinissent les notions d’humain, d’identité, de connaissance ou de littérature. Contributeur actif à la théorie de l’éditorialisation, il travaille à la conception de nouvelles formes de production et de diffusion du savoir ainsi qu’à l’élaboration de chaînes éditoriales innovantes. Il est l’auteur de nombreux articles et monographies et exerce également une activité d’éditeur en tant que directeur de la revue Sens public et co-directeur de la collection “Parcours Numériques” aux Presses de l’Université de Montréal. Il est à la tête de plusieurs projets en humanités numériques, particulièrement dans le domaine de l’édition savante: des plateformes d’édition de revues et de monographies enrichies, de l’éditeur de texte Stylo ainsi que d’une plateforme d’édition collaborative de l’Anthologie grecque.

Jeudi 3 avril, 17h : Le geste amateur dans les productions audiovisuelles

Intervenant invité : Patrice LEMARIÉ, artiste et enseignant en Arts Plastiques à l’Université du Havre

Discutant.es : Soufyane CHAFIK, Christophe PIQUE, Marine SIGUIER

Patrice Lemarié est un artiste qui explore la relation entre l’image animée et la peinture à travers des séries de travaux minutieusement conçues. Dans sa démarche, l’artiste associe chaque peinture figurative à son pendant abstrait. Ces équivalents abstraits sont générés par un logiciel puis traduits en peinture à l’aérographe, illustrant ainsi une fusion entre le numérique et le traditionnel. Patrice Lemarié interroge la notion de répétition et de variation en peinture, en se basant sur des images issues de la culture populaire (filmographie d’Alfred Hitchcock, Columbo…). Son travail reflète une réflexion sur la reproduction et la transformation d’images animées en œuvres picturales, offrant une nouvelle perspective sur des icônes du cinéma et de la télévision.

Patrice Lemarié est un artiste et enseignant. Il a suivi une formation en arts appliqués au lycée Jean-Pierre Vernant de Sèvres, puis a intégré l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Parallèlement à sa carrière artistique, il s’est investi dans l’enseignement des arts plastiques. Il occupe actuellement le poste d’enseignant en arts plastiques à l’Université du Havre. Pour se renseigner sur ses publications et ses activités de recherche et d’édition:  http://lemariepatrice.weebly.com/c-v.html 

Jeudi 22 mai, 17h : La socialisation numérique différenciée. Usages et temps d’écran mis en contexte

Intervenante invitée : Claire Balleys

Discutant.es : Fabien BITU, Marine SIGUIER

Cette présentation propose un regard croisé sur les usages des écrans dans les familles, celui des parents avec celui des adolescent.es. Nous allons déplacer la focale, souvent exclusivement axée sur les usages juvéniles, pour considérer plus largement les pratiques numériques familiales. L’analyse du temps d’écran à l’aune des ressources à disposition dans les familles permettra d’éclairer les différentes modalités de médiation numérique parentale. L’objectif est de montrer comment les appartenances sociales, de classe et de genre, participent aux processus de socialisation numérique.

Claire Balleys est sociologue de la jeunesse et des cultures numériques. Ses travaux de recherche portent sur les usages adolescents des écrans, les processus de socialisation juvénile et les modalités de transformation du lien social par le numérique. Professeure à l’Université de Genève, elle dirige le Medialab, Institut des sciences de la communication et des cultures numériques. Après une thèse de doctorat obtenue en sociologie de la communication et des médias à l’Université de Fribourg, elle a effectué des séjours scientifiques à Télécom ParisTech, à l’Observatoire Jeunes et Société à Québec et au sein du LabCMO à Montréal (Université du Québec à Montréal).

NB : suite à ce cycle de webinaires aura lieu un colloque international interdisciplinaire, jeudi 26 juin et vendredi 27 juin 2025. Colloque organisé par le groupe de recherche InterGestes et accueilli par l’Université Le Havre Normandie. Pour toute demande d’information à ce sujet, contacter Daiana Dula (daiana.dula@univ-lehavre.fr) et Marine Siguier (marine.siguier@univ-lehavre.fr). 

Ressources bibliographiques

Blümlinger, C., et Lavin, M. (2018), Geste filmé, gestes filmiques. Sesto San Giovanni : Éditions Mimésis

Colloc J. (2016) « L’éthique des systèmes d’information autonomes vers une pensée artificielle », Les Cahiers du Numérique, Lavoisier, vol.12-n°1, pp. 187-211, DOI :10.3166/LCN.12.1-2.187-211.

Colloc J. (2022) « A Multi-Agent Model Approach to Fill up the Gap Between Emotion, Psychologic and Brain Computing », in proceedings of SCIFI-IT’2022, ed by P. Geril and  M. Polanska, EUROSIS, University of Leuven, campus Ghent,  Belgium, 3-6, pp 8-15

Colloc J. (2022) « Intelligence Artificielle et amélioration de la cognition : Avantages et Limites » (chap. 6), in Le transhumanisme à l’ère de la médecine améliorative, ed. par  A. Cayol , B. Bévière-Boyer, W. Wang et E. Gaillard, ed. Mare & Martin, pp.89-104

Colloc J. (2024)  « Les modèles de l’intelligence artificielle substitutifs à l’expérimentation animale », (chap.4) Transanimalisme, l’animal augmenté : entre utilité et protection ed. par  B. Bévière-Boyer, A. Cayol et E. Gaillard, ed. Mare & Martin, pp.69-86

Colloc J., Bonenfant M., (2017) « Des traces humaines dans le Big Data : du diagnostic médical à la transduction machinique du corps  », in Galinon-Mélénec B. (dir), Traces du corps, tome 4 de la série L’Homme-Trace, CNRS éditions, pp 85-110

Couchot, E., et Hillaire, N. (2003), L’art numérique. Comment la technologie vient au monde de l’art. Paris : Flammarion

Couderc, R., (2023), « Au travers de la phénoménologie : l’expression et les traces du sens chez Merleau-Ponty », Philosophie, vol. 157, no. 2, pp. 42-66

Dawkins R., (1976), Le Gène égoïste, Paris : Odile Jacob

Dreyfus H.L. (1984) Intelligence Artificielle, mythes et limites, Paris : Flammarion

Du Sautoy M.(2020) Le Code de la créativité, comment l’IA apprend à écrire, peindre et penser, ed. Héloïse d’Ormesson

Dula D., (2013) « Convoquer la mémétique en Sciences de l’information et de la communication. Propositions pour une collaboration disciplinaire », in Liénard, F. (dir.), Culture, identity and digital writing, Epistémè 9, Revue internationale de sciences humaines et sociales appliquées, Séoul : Université Korea – Center for Applied Cultural Studies

Dula D., « Le numérique incorporé : de l’analogie à l’axiologie », in Actes du Colloque international Communication électronique, cultures et identités (Le Havre, juin, 2014), Editions Lambert Lucas, 2015

Dula D., (2021), « Le robot est-il un mème ? Trace, projection et mimétisme des objets compagnons », in L’Homme-trace. La trace, du sensible au social (Boulekhbache, Galinon-Mélénec, Leleu Merviel dir.), CNRS Editions

Ferlampin-Acher C., (2015),  « De la geste au geste », L’Ovide moralisé illustré, Les Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, 30, p. 297-313

Flichy, P., (2010),  Le sacre de l’amateur sociologie des passions ordinaires à l’ère numérique. Paris: La République des idées, Seuil

Galinon-Mélénec B., (2020), L’Odyssée de la trace 1. Voyage au-delà des apparences, London, ISTE Editions (ISBN format papier:9781784057008.ISBN ebook : 9781784067007)

Galinon-Mélénec B., (2019), « Pour une ichnologie générale à l’heure du numérique », in Revue Communication & traces numériques, 2019/1, Liénard F. et Zlitni S. (dir.), Presses universitaires Rouen-Le Havre

Galinon-Mélénec B., (dir.), (2011),  L’Homme trace : perspectives anthropologiques des traces contemporaines, série l’Homme-trace tome 1, Paris : CNRS Editions (ISBN978-2-271-07139-2)

Galinon-Mélénec B.(dir.), (2017), L’Homme-Trace : Des traces du corps au corps-trace, série l’Homme-trace tome 4, Paris : CNRS Editions, 2017 (ISBN978-2-271-11417-4)

Galinon-Mélénec B., (2012), « Homme-trace » et « signes-traces », deux paradigmes français à l’épreuve des faits., Rouen : Klog Editions (ISBN978-2-9539459-7-3)

Galinon-Mélénec B., (2007) Penser autrement la communication : Du sens commun vers le sens scientifique. Du sens scientifique vers la pratique, Paris/Budapest/Kinshasa etc., L’Harmattan. (ISBN978-2-296-02658-2)

Galinon-Mélénec B., (2003), Homme/animal : quelles relations ? Quelles communications ? Mont-Saint-Aignan : Presses Universitaires Rouen (ISBN2-87775-353-0)

Gauld, C., (2019), « Fiction et identification : de la narratologie à la sémiotique contemporaine », Cahiers de Narratologie [en ligne], 35. URL: http://journals.openedition.org/narratologie/9496 DOI: https://doi.org/10.4000/narratologie.9496 

Guérin M., (2011) « Le geste de penser », Appareil [En ligne], 8 | 2011, mis en ligne le 04 novembre 2011, consulté le 30 juillet 2020. URL : http://journals.openedition.org/appareil/1338 ; DOI : https://doi.org/ 10.4000/appareil.1338 

Heidegger M., (1952), Qu’appelle-t-on penser ? Paris : Éditions Puf. https://hal-normandie-univ.archives-ouvertes.fr/hal-01553437/document

Jenny L., (2000), « Du style comme pratique », Littérature, no 118, pp. 98-117

Jousse M., (1974),  L’Anthropologie du Geste, Paris : Gallimard

Krishnamurti J., (2013),  La nature de la pensée, Paris : Presses du Châtelet

Leleu-Merviel S., (2002) « De la navigation à la scénation. Un grand pas vers une dramaturgie du numérique », Les Cahiers du numérique, Vol. 3, pp. 97-120. URL : https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2002-3-page-97.htm

Marion, P., (1997), « Narratologie médiatique et médiagénie des récits ». Recherches en Communication, vol., pp. 61-87

Martin-Juchat, F. (2008), « Penser le corps affectif comme un média », Corps n° 4, no 1, pp. 85‑92. https://doi.org/10.3917/corp.004.0085

Mathieu V., (2022),  Faire mémoire pour ‘faire’ l’histoire ? Le Geste de Verdun, thèse de Doctorat en Langues, Littératures et Civilisations Germaniques, sous la direction de Gwénola Sébaux, soutenue le 14 décembre 2022 à l’université Catholique de l’Ouest pour l’université d’Angers. https://doi.org/10.4000/trajectoires.9779

Merlino S., (2021), « Coordination, attention visuelle et gestes professionnels dans la rééducation de l’aphasie », Langage et société, 2021/2 (N° 173), p. 115-140. DOI : 10.3917/ls.173.0117. URL : https://www.cairn.info/revue-langage-et-societe-2021-2-page-115.htm

Metz, C., (1968). Essais sur la signification au cinéma, Paris : Klincksieck

Nagel T., « What is it like to be a bat ? », Philos Rev LXXXIII:435–50; reprinted in: Nagel T (1979) Mortal questions, Cambridge : Cambridge University Press

Odin, R. (1995), « Le film de famille dans l’institution familiale » dans Odin, R. (dir.), Le film de famille, usage privé, usage public, Paris : Méridiens Klincksieck

Odin, R., (2011), Les espaces de communication. Introduction à la sémio-pragmatique, Grenoble : PUG

Partha Pratim R. (2023), « ChatGPT: A comprehensive review on background, applications, key challenges, bias, ethics, limitations and future scope », Internet of Things and Cyber-Physical Systems, vol. 3, pp.121-154

Piaget J., (1947), La psychologie de l’intelligence, Paris : Armand Colin

Queval et alii (dir.), (2022), Corps connectés, figures, fragments, discours, Paris : Presses des Mines

Rivière, C.. (2006), « Téléphone mobile et photographie : les nouvelles formes de sociabilités visuelles au quotidien ». Sociétés 91, no 1, p. 119. https://doi.org/10.3917/soc.091.0119.

Rizzolatti G., Corrado S., (2008), Les Neurones miroirs, Paris : Odile Jacob

Sapio, G., (2015), La pratique des home movies. Culture audiovisuelle et genèse de la méta-famille, thèse de doctorat en études cinématographiques et audiovisuel sous la direction de Guillaume Soulez, Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle 

Searle J.R. (1980), « Minds, Brains and Programs », Behavioural and brain science, vol. 3, no. 3, pp. 417-424

Sicard, M., (1995), Chercheurs ou artistes ? Entre Art et Science, ils rêvent le monde, Autrement. Mutations

Simonet P., Caroly S., (2020), « « Geste dialogué » et prévention des TMS », Le travail humain, Vol. 83, pp. 1-32. DOI : 10.3917/th.831.0001. URL : https://www.cairn.info/revue-le-travail-humain-2020-1-page-1.htm

Sperber D., (1996),  La contagion des idées, Paris : Odile Jacob

Les membres d’InterGestes

Colloque InterGestes 2025, Membres d'Intergestes de gauche à droite : Soufyane Chafik, Daiana Dula, Christophe Pique, Béatrice Galinon-Mélénec, Peppe Cavallari, Joel Colloc, Philippe Ethuin, Marine Siguier, Inès Garmon.

Comité de direction :

Coordination du groupe de recherche InterGestes

Daiana DULA (IDEES, Université Le Havre Normandie)

Peppe CAVALLARI (Médias, Images et Technologie, Institut Catholique de Paris)

Marine SIGUIER (IDEES, Université Le Havre Normandie)

Coordination éditoriale de la rubrique InterGestes au sein du carnet Ichnos-Anthropos

Marine SIGUIER (IDEES, Université Le Havre Normandie)

Membres fondateurs du groupe de recherche InterGestes :

Fabien BITU est maître de conférences en psychologie du développement à l’Université de Rouen Normandie, rattaché au Centre de Recherches sur les Fonctionnements et Dysfonctionnements Psychologiques (CRFDP EA 7475) et chercheur associé au Laboratoire de Psychologie de Caen Normandie (LPCN EA 7452). Ses recherches portent sur les modulations sensorielles en interaction avec l’environnement des enfants et adolescents, et notamment l’environnement numérique, et leurs effets sur les capacités cognitives des enfants et adolescents. fabien.bitu@univ-rouen.fr

Peppe CAVALLARI est docteur en Philosophie et maitre de conférences en Sciences de l’information et de la communication (UTC), ainsi qu’en Littérature comparée-mention études intermédiales ( UdeM), est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Institut catholique de Paris et chargé de cours en Culture numérique à Sciences Po Paris. Il est chercheur rattaché au pôle Images, Médias et Technologie (EA 7403), chercheur associé INA, responsable de projets à la Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques, membre du GR IMPEC-Interactions Multimodales Par Ecran (ENS de Lyon, ICAR), et collaborateur du  CRIHN.  Ses recherches portent sur les formes de la présence à distance, sur les gestes de la culture numérique ainsi que sur l’imaginaire de la culture mobile. peppe.cavallari@gmail.com

Soufyane CHAFIK est doctorant de deuxième année en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Tours, au laboratoire PRIM. Sa recherche s’intéresse à l’évolution et à la circulation des mèmes, leurs fonctions symboliques et économiques dans un numérique plateformisé. Il s’attache à observer les mèmes comme genre à schèmes, pris dans des contraintes et outils matériels. soufyane.chafik@univ-tours.fr

Joël COLLOC est professeur émérite des universités en Informatique, membre du Laboratoire UMR IDEES Le Havre. Docteur en médecine, ancien médecin légiste des hôpitaux de Lyon, il est docteur en informatique de l’INSA de Lyon. Ses recherches concernent l’intelligence artificielle (IA) en e-Santé, la sémiologie, le raisonnement clinique. Il préconise une éthique de l’IA respectueuse de  la relation patient-soignant, la vie privée et la liberté de choix des patients. Il s’intéresse aux systèmes complexes, la nature de la pensée, aux évolutions de l’IA générative autonome (Chatbots) vers la conscience artificielle et aux conséquences sociologiques pour  l’avenir de l’humanité. joelc76@wanadoo.fr

Daiana DULA est maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université du Havre Normandie. Sa démarche de recherche cherche à établir le paradigme de “la communication géminée”. Les travaux mettent en exergue les phénomènes mimétiques qui, par l’essor remarquable des dispositifs informatisés, se trouvent exacerbés dans les interactivités contemporaines. La thématique se décline dans ses études sur les métamorphoses des médiations entre les hommes et les dispositifs et sur les mécaniques simulationnelles qui font basculer le dialogue interpersonnel en un dialogue imité et machinique. Ainsi de la technologie smart, de l’essor des robots et des agents conversationnels, etc. daiana.dula@univ-lehavre.fr

Philippe ETHUIN est enseignant, co-responsable du parcours Documentation à l’INSPE d’Amiens (Université de Picardie Jules Verne) et doctorant en sciences de l’information et de la communication. Chercheur associé au CERCLL (Centre d’Études des Relations et Contacts Linguistiques et Littéraires de l’Université de Picardie Jules Verne (UR 4283), il est rattaché au laboratoire MICA (Médiations, Informations, Communication, Arts) de l’Université de Bordeaux Montaigne (UR 4426) où il prépare une thèse consacrée aux discours prospectifs sur les médias émergents dans la presse du dernier quart du XIXe siècle. philippe.ethuin@u-picardie.fr

Béatrice GALINON-MELENEC est Professeur émérite des universités en Sciences de l’information et de la communication (Laboratoire UMR IDEES Le Havre), directrice de la série d’ouvrages L’Homme-trace (CNRS éditions). Elle est également rédactrice en chef chez Hypothèses.com du blog Ichnos-Anthropos. Le carnet de l’Homme-trace dont l’objectif  est de répondre aux besoins des chercheurs et chercheuses, jeunes ou confirmé(e)s, qui souhaitent être informés des publications, colloques et recherches qui interrogent la notion de Trace. Il est intégré dans  le E. laboratory on Human-trace. World Conference, CS DC UNESCO. et correspond aux objectifs pluridisciplinaires et internationaux de l’ UNITWIN UNESCO des systèmes complexes (https://en.unesco.org/sites/default/files/list-unesco-networks.pdf).  Ses recherches portent sur l’anthropo-sémiotique d’un humain doté d’un corps construit de traces et producteur de traces et s’inscrivant dans des écosystèmes vivant/milieu. Ses analyses entrent en écho avec la question de l’anthropocène et s’inscrivent dans le mouvement qui refuse les dualismes corps/esprit, culture/nature etc. Elle a initié le terme signe-trace  qui suggère que le signe résulte de processus traçuels. Elle soutient, à la suite de Derrida, que le signe est second par rapport à la trace (Derrida 1971). beatrice.galinon-melenec@univ-lehavre.fr

Inès GARMON est docteure en sciences de l’information et de la communication. Ses thématiques de recherches sont l’écriture numérique, les gestes d’interaction, les industries du numérique et les imaginaires des technologies numériques. Elle s’inscrit dans une approche matérielle et techno-sémiotique des dispositifs numériques et anthropologiques du corps et des médias informatisés. inesgarmon@hotmail.com

Christophe PIQUE est docteur en cinéma. Il est l’auteur d’une thèse sur l’esthétique de la réalité dans les films documentaires depuis l’avènement du direct. Il a enseigné l’histoire culturelle du cinéma et l’écriture du scénario à l’université de Caen et enseigne aujourd’hui l’audiovisuel et le multimédia à l’université de Rouen et du Havre. Ses recherches portent sur le réemploi contemporain des films d’archives, sur l’écriture documentaire et les gestes cinématographiques et artistiques à l’ère des technologies numériques. christophe.pique@univ-rouen.fr

Carine Roucan est enseignante et chercheuse en Langue et littérature françaises à l’Université du Havre Normandie. Sa démarche professionnelle et de recherche lie la pédagogie et l’édition. Elle est investie dans la réflexion pédagogique liée au numérique (travail avec la MAP, séminaire au PRSH (révolution) numérique, (révolution) pédagogique), et elle a également exercé pendant 10 ans des fonctions d’éditrice au sein de la micro-structure Racine & Icare qu’elle a fondée au moment de la révolution numérique du livre. C’est là son domaine de recherche émergent : la plateformisation du monde du livre et ses implications dans l’écriture, la lecture, la publication et la critique, notamment dans la littérature Young Adult, à la suite des travaux de Bertrand Legendre (sur l’édition) et de Laurent Bazin (sur la littérature youngadult). carine.roucan@univ-lehavre.fr

Patricia SAJOUS est maître de conférences HDR en géographie et aménagement. Ses recherches visent à comprendre les relations tissées par les individus avec l’espace au travers des usages de différents réseaux techniques. Ses analyses se développent dans le champ de la mobilité quotidienne depuis sa thèse : secteur en fort renouvellement, portant des défis immenses en termes de transition environnementale comme technique (low et high tech). L’enjeu de ses travaux est d’accompagner les réflexions dans les domaines de la Géographie et de l’Aménagement au moment où la place de l’usager évolue : considéré de moins en moins sous les seules étiquettes de consommateur ou administré et de plus en plus comme acteur, avec une dimension participative. patricia.sajous@univ-lehavre.fr

Marine SIGUIER est maitre de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université du Havre Normandie. Ses recherches portent sur la structuration des imaginaires sociaux sur les plateformes numériques. Elle a soutenu en 2020 une thèse sur les représentations de la lecture sur les réseaux sociaux numériques (indissociables de la question du geste). Depuis 2021, elle étudie également les effets de plateformisation des discours écologiques. Elle a ainsi analysé la posture des influenceurs « écolos » sur YouTube, la circulation de «mèmes » autour de la biodiversité sur Twitter, la création d’une collection « Ensemble pour la planète » sur Netflix, ou encore le recours aux sciences participatives par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). marine.siguier@univ-lehavre.fr