Médiation de collections minières en ligne : une analyse qualitative de pratiques d’amateurs-témoins Juliette Le Marquer, Les enjeux (avril, 2026).

Auteure

Juliette Le Marquer, postdoctorante à l’Université Claude Bernard Lyon et rattachée au laboratoire ELICO.  Elle est membre de InterGestes. juliette.le-marquer@univ-lyon1.fr

Résumé (par l’auteure)

Cet article propose d’analyser des pratiques de médiation de collections d’objets miniers, partagées en ligne via Facebook. Après un rapide état de l’art sur la place du web comme médium dans les processus de patrimonialisation, l’article revient sur les formes d’engagement d’amateurs dans le partage de la mémoire en ligne. S’appuyant sur une enquête qualitative, l’étude porte à la fois sur la constitution de collections en tant que support de la mémoire minière ; sur le choix de Facebook comme support des collections ; et sur la construction de sens engendrée par les interactions sur ce dispositif d’entre-soi. Les principaux résultats mettent en évidence l’usage de Facebook qui contribue à partager une mémoire à portée limitée, ancrée dans des projets individuels et collectifs et favorisant des formes de reconnaissance locales en tant que témoin indirect de ce passé.

Extrait 

Parmi les enquêtés, nous distinguons deux statuts, celui de témoin direct ou de témoin indirect. Le témoin direct – à l’image de l’ancien mineur — est « celui qui a eu l’évidence phénoménologique, en chair et en os, de ce qui s’est passé » (Bachimont, 2020, p. 82). Les témoins indirects n’ont, quant à eux, pas participé à ces événements mais proposent une interprétation du passé à partir de leur propre vécu. Ils deviennent alors « quasi témoins » (Gellereau, 2010, p. 20), s’identifiant eux-mêmes dans l’expérience de ceux qu’ils décrivent et préservant leur mémoire. Cette idée est notamment amorcée par Renaud Dulong (1998) pour qui les témoins indirects représentent les récipiendaires des récits des témoins directs. Selon lui, « une expérience seconde de l’événement est en mesure de générer d’autres témoins. Ceux-ci ne seraient pas de « second degré », ils n’auraient pas pour fonction de véhiculer l’information, mais ils auraient à témoigner de l’expérience qui les a initiés à l’événement » (Dulong, 1998, p. 207). Les témoins indirects construisent alors leurs récits à partir d’un regard nouveau, s’appuyant sur des preuves du passé afin de perpétuer un lien entre l’événement et le présent. Ils sont des référents, capables d’interpréter « dans chaque objet les traces d’une pratique humaine » (Gellereau, 2015, p. 85). Dans cet article, c’est plus précisément l’activité des descendants et médiateurs qui nous intéresse ».

Lien

Le Marquer Juliette, « Médiation de collections minières en ligne : une analyse qualitative de pratiques d’amateurs-témoins »

 

 

Béatrice Galinon-Mélénec
Béatrice Galinon-Mélénec
Founder
Béatrice Galinon-Mélénec, Professeur des universités. Classe exceptionnelle 1 & 2, émérite depuis 2018. Chercheur associé à IDEES Unité Mixte de… Lire la suite

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Béatrice Galinon-Mélénec (20 mai 2026). Médiation de collections minières en ligne : une analyse qualitative de pratiques d’amateurs-témoins Juliette Le Marquer, Les enjeux (avril, 2026). ICHNOS-ANTHROPOS. Consulté le 20 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/168vy